Smith Barney s’apprête à tourner la page Citigroup
Une page devrait bientôt se tourner pour Morgan Stanley Smith Barney (MSSB), dont le capital est détenu à 51% par Morgan Stanley et à 49% par Citigroup. La société de courtage et de gestion fondée en 1938 devrait être rebaptisée d’ici à la fin du mois de septembre; son futur nom est déjà connu: il s’agit de Morgan Stanley Wealth Management.
Cette opération cosmétique serait concomitante avec l’acquisition par Morgan Stanley d’une participation supplémentaire de 14%. Les négociations sont en cours; il est prévu qu’elles aboutissent le 7 septembre.
En proie à de grandes difficultés suite à la faillite de Lehman Brothers fin 2008, Citigroup, l’actionnaire unique de Smith Barney depuis 1998, avait cédé le contrôle de sa filiale en 2009. Pour Morgan Stanley, cette diversification dans le courtage et la gestion de fortune lui permettait de réduire sa dépendance à l’égard des activités de marché et de banque d’investissement, particulièrement volatiles.
Si cet objectif est atteint, les performances financières de MSSB sont loin de satisfaire les attentes de son actionnaire majoritaire. C’est pourquoi l’on prête à ce dernier l’intention de vouloir rationaliser sa filiale, au prix de fermetures de bureaux, de licenciements dans les postes de soutien (administration, conformité, etc.), et de cumul de fonctions (il serait demandé aux responsables administratifs locaux de générer également des revenus en exerçant une activité de conseil), indiquait Reuters la semaine dernière en citant plusieurs sources concordantes.
Fin juillet, la banque avait admis avoir réduit le nombre de zones géographiques de 16 à 12. D’autres mesures, à un niveau plus local, seraient en préparation. Le nombre de bureaux est passé de 950 pour les seuls Etats-Unis en 2009 à 740 dans le monde aujourd’hui. MSSB emploie actuellement un peu plus de 16.900 conseillers financiers.
Morgan Stanley a indiqué aux investisseurs avoir l’intention de porter sa marge bénéficiaire avant impôt à environ 15%, alors qu’elle était de 12% au deuxième trimestre dernier. Elle était de 9% il y a un an et était auparavant descendue jusqu’à 8%.
La cession de 14% de participation risque de coûter cher à Citigroup, qui devra en toute vraisemblance passer de lourdes dépréciations. Alors que plusieurs analystes chiffraient ces dernières entre 3 et 3,5 milliards de dollars, une étude de Barclays a émis la semaine dernière une hypothèse de six milliards de dollars –soit une perte de valeur comptable de 2,5%.
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