«Si le crédit ne repart pas, la BCE pourrait baisser ses taux»

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC
Solenn Poullennec

L’Agefi: que retenez-vous de la réunion de la BCE?

Jean-Louis Mourier: Le discours de la BCE visait en grande partie à geler les anticipations. D’un côté, la banque centrale constate que la dégradation de l’activité s’est interrompue. D’importants risques persistent, mais la confiance en une amélioration prochaine grandit. De l’autre côté, le risque inflationniste mérite d’être surveillé, même si les banquiers centraux se montrent sereins sur la préservation de la stabilité des prix et sur l’ancrage «solide» des anticipations d’inflation à moyen terme. Le conseil de la BCE juge ainsi qu’il est trop tôt pour discuter d’une «stratégie de sortie des mesures non-standards» de politique monétaire, mais aussi qu’il a fait suffisamment et que les gouvernements et les banques doivent désormais assumer leurs responsabilités. Il reste que l’impact des LTRO sur la distribution de crédit bancaire aux ménages et, surtout, aux entreprises reste incertain. Si elle ne repart pas, la BCE sera amenée à réfléchir à la nécessité d’une nouvelle baisse de ses taux directeurs.

Pourquoi voyez-vous les taux américains monter à 3% d’ici à six mois?

Deux éléments devraient se combiner pour provoquer une baisse du marché des Treasuries. D’abord, la tendance au recul global de l’aversion au risque devrait se poursuivre. Ensuite, le discours de la Fed pourrait évoluer rapidement. Les minutes du dernier FOMC ont montré que les colombes sont de plus en plus minoritaires. Un raccourcissement, dans le communiqué du FOMC, de la période de stabilité assurée de maintien des taux courts extrêmement bas, engendrerait de fortes tensions sur le marché des obligations d’Etat.

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