«Seule une action concrète de la BCE pourra faire baisser l’euro»
Valérie Perez, responsable devises France - Benelux - Suisse chez Deutsche Bank
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Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Le lancement d’un QE de la BCE peut-il faire baisser l’euro durablement ?
- Valérie Perez : A ce stade, la BCE s’est contentée d’avertissements, mais qui se sont montrés de plus en plus précis. Après la «conversion» de Jens Weidmann, l’actuel président de la Bundesbank, tenant de l’orthodoxie monétaire, à la possibilité d’achat d’actifs par la BCE, Mario Draghi s’est exprimé en faveur d’une action de la BCE si l’euro continuait de s’apprécier. Ces références au niveau de l’euro se sont multipliées ces derniers jours dans les sphères politique et économique. Tant que ces paroles ne seront pas suivies de mesures concrètes (taux de dépôt négatif, achats d’actifs…), l’euro ne baissera pas. En outre, les récents flux de capitaux ont montré de la part des investisseurs un appetit illimité pour les dettes (Grèce et périphériques) et les actions européennes, soutenant ainsi l’euro. Il faudra donc attendre la prochaine réunion de la BCE et des action concrètes pour enfin voir l’euro baisser.
- Les nouveaux éléments de langage dans le discours de la Fed vont-ils donner une impulsion au dollar ?
- Jusqu’à très récemment, le discours de Janet Yellen indiquait que la Fed «ne monterait pas ses taux avant un taux de chômage à 6,50%». Lors d’une présentation récente, cette rhétorique a évolué en faveur de : «à 6,7% de taux de chômage actuel, nous sommes encore à plus de 1% du taux de chômage naturel de l’économie américaine, taux qui tourne autour de 5,2%; il faudra 2 ans pour atteindre ce taux». Ce changement fait passer d’un niveau de 6,50% («forward guidance») à celui de 5,2% («plein emploi»), et éloigne un peu plus la perspective de remontée des taux.
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