Scottish & Newcastle résiste encore à Carlsberg et Heineken
Une offre relevée à 780 pence a de nouveau été rejetée. Le brasseur fixe désormais le prix de l’ouverture de discussion à 800 pence
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Le marché y a cru un instant. A peine les bruits sur une offre de Carlsberg et Heineken à 780 pence ont-ils filtré hier matin que l’action Scottish & Newcastle (S&N) s’est envolée de 7,7 % à 774,50 pence. Mais le rejet formulé dans la foulée par S&N a vite ramené tout le monde à la raison.
Si le prix proposé offre 30 pence de plus que la précédente offre datant de novembre, le brasseur continue à juger qu’il sous-valorise ses actifs, en particulier le groupe russe BBH une coentreprise détenue à parité avec Carlsberg. Désormais, S&N fixe en tout cas un seuil pour l’ouverture de discussions : 800 pence par action, soit un total de 7,8 milliards de livres.
Le consortium va-t-il se décider à monter à ce niveau avant le 21 janvier, date limite que lui a donnée le Takeover Panel pour se lancer ou renoncer ? Pour les équipes de Cazenove, il va être difficile de proposer plus sans risquer la destruction de valeur.
D’ailleurs c’est un tout autre chemin que semblent vouloir emprunter Carlsberg et Heineken. Les deux partenaires comptent plutôt s’adresser aux actionnaires de S&N pour qu’ils mettent la pression sur le management. Un dialogue a déjà été engagé et d’après la direction de Carlsberg, les actionnaires « pensent que cette offre est attractive ».
La pression des actionnaires pourrait s’avérer d’autant plus forte qu’ils jouent gros dans cette affaire. Car le plan présenté l’an passé par S&N en stand alone n’a pas ravi tous les suffrages. Et si l’on en croit les consensus d’analystes le groupe vaudrait en moyenne de 755 à 765 pence par action. Et encore ces chiffres intègrent-ils une certaine dimension spéculative.
En s’assurant le soutien d’actionnaires, le consortium pourrait aussi tenter de passer outre les avis négatifs du management. Mais ce pari serait risqué au vu de l’atomisation de l’actionnariat de S&N (aucune participation ne dépasse 3,5 %). D’ailleurs, Carlsberg a indiqué qu’il ne comptait pas se lancer dans une opération hostile.
Autant dire que si les actionnaires peuvent encore espérer obtenir un bon de sortie à 780 pence voire un peu plus, « il y a un très grand risque que le consortium s’en aille », assure Barclays. Un risque désormais bien intégré par le marché au vu du cours de 724,50 pence hier soir, alors que le titre flirtait encore avec les 790 pence fin octobre.
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