Scor place une partie de ses risques sur le marché de capitaux sous forme de «swap»
Le réassureur a préféré cet instrument moins onéreux à l’obligation, plus habituelle, pour se protéger contre le risque de mortalité
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Annelot Huijgen
Au lieu d’une obligation, plus habituelle, Scor Global Life, la filiale de réassurance vie de Scor, a conclu avec JPMorgan un swap collatérisé pour se protéger d’un « risque de mortalité extrême ». Le réassureur disposera ainsi d’une couverture d’un montant de 100 millions de dollars plus 36 millions d’euros pour pouvoir faire face à une « hausse importante de la mortalité à la suite d’une pandémie majeure, d’une importante catastrophe naturelle ou d’un attentat terroriste ».
Le swap, qui dure jusqu’au 31 décembre 2011, est indexé sur une combinaison pondérée des taux de mortalité aux Etats-Unis et en Europe observés sur une période de deux années civiles consécutives. L’accord prévoit que le paiement sera initié dès que cet indice dépasse le seuil de 115 % : si l’indice se situe entre 115 % et le plafond de 125 %, JPMorgan versera ainsi à Scor un montant au prorata du montant du swap, tandis que Scor recevra l’intégralité des montants si l’indice atteint ou dépasse 130 %.
« Le montage n’est pas entièrement différent de celui d’une émission d’obligations. Mais avec les conditions de marché existantes, cette solution pouvait se faire à meilleur prix », indique Scor. Le groupe précise payer 2 % du montant total en frais, soit environ 2 millions d’euros, « moins que pour la mise en place des obligations ». L’instrument financier est conforme «à la politique de prudence face aux très grands risques et à notre politique de souscription axée sur la rentabilité », ajoute Gilles Meyer, directeur général de Scor Global Life. Le groupe a par ailleurs la possibilité de prolonger l’accord existant au-delà de la période initiale.
Depuis l’acquisition de Revios et Converium, l’activité vie représente environ la moitié du chiffre d’affaires total, d’où la « nécessité » pour le groupe de transférer une partie du risque au marché. Les montants restent cependant plus faibles que chez son concurrent Munich Re, qui a initié, le 20 février dernier, un programme d’obligations de 1,5 milliard de dollars, également pour se couvrir contre des risques pandémiques.
Pour Scor, le swap de mortalité constitue par ailleurs le deuxième transfert récent de risques sur les marchés. Fin novembre 2007, Scor avait conclu un contrat, allant jusqu’à fin 2010, dans les dommages avec Atlas Reinsurance, qui fournit une couverture de 160 millions d’euros en émettant des obligations catastrophes.
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