Scope veut se faire une place sur le marché européen de la notation

L’agence berlinoise entend noter de nombreuses classes d’actifs et défend une approche européenne, différente de celles de grandes agences.
Solenn Poullennec

Scope Ratings veut se faire une place sur un marché européen des agences de notation dominé par Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch. L’agence d’origine berlinoise vient d’annoncer le recrutement de cinq spécialistes de la notation, ce qui porte ses équipes à près de 70 personnes. Une façon de construire sa réputation. «Notre stratégie est de recruter des personnes expérimentées qui sont connues dans ce marché et connaissent bien l’activité de notation», explique son directeur général Torsten Hinrichs.

Fondée en 2002 et détenue majoritairement par l’entrepreneur allemand Florian Schoeller, Scope veut noter un grand nombre de classes d’actifs différentes en Europe et notamment en France, à l’exception des Etats et des compagnies d’assurances. L’une des personnes recrutées cette semaine est chargée de développer la notation des covered bonds. A ce jour, l’agence a publié plusieurs centaines de notes pour des titres de dette bancaire et une vingtaine pour les entreprises. Elle note aussi des opérations de finance structurée et des fonds alternatifs. «Parmi les agences européennes alternatives, nous sommes probablement la plus importante et certainement la plus diversifiée, assure Torsten Hinrichs. Nous ne remplacerons aucune des grandes agences mais nous voulons être une alternative européenne».

Pour marquer sa différence, Scope met en avant une méthode particulière. «Nous essayons d’être beaucoup plus prospectifs que nos concurrents. Nous attachons beaucoup plus d’importance à l’analyse des cash-flows», explique celui qui est devenu patron de l’agence en septembre après avoir passé quinze ans chez Standard & Poor’s. «Nous pensons que nous comprenons les pratiques locales de marché mieux que les agences américaines», avance également Torsten Hinrichs. L’agence, qui revendique une expertise sur les PME et les ETI, explique faire des comparaisons sectorielles très fines.

Scope se refuse à établir un lien automatique entre la note des institutions financières et la situation des Etats dont elles sont originaires. Elle estime aussi qu’il n’y a pas de corrélation mécanique entre les notes à court terme et à long terme des banques. Scope a ouvert un bureau à Londres l’année dernière. A ce jour, elle n’est pas reconnue par les régulateurs aux Etats-Unis ce qui limite son champ d’action.

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