Satisfecit prudent de Bruxelles pour le lancement du Sepa
En dépit des déclarations très positives de la Banque centrale, de la Commission européenne et du Conseil européen des paiements, l’heure était plutôt à la prudence, voire à la défiance, hier soir lors du lancement officiel de l’espace européen des paiements (Sepa) à Bruxelles. Les banques soulignent les progrès accomplis et mettent la pression sur les administrations publiques, lesquelles avertissent qu’elles ne migreront vers les services paneuropéens que si elles en ont pour leur argent. Entreprises et consommateurs sont sur la même ligne.
La première opération de virement estampillée Sepa , effectuée hier, n’est qu’une première étape, ont tenu à rappeler les intervenants. Non seulement le travail sur les standards reste sur le métier s’agissant du débit direct, qui sera disponible en novembre 2009, et les cartes. Mais surtout, des bénéfices du système dépendra la rapidité avec laquelle la migration lancée hier va se réaliser, car la cohabitation des services nationaux et paneuropéens s’annonce coûteuse. La marge d’incertitude sur les gains ou les coûts à en attendre atteint plus de 160 milliards d’euros sur la période 2007-2012, selon une étude dont la Commission européenne a révélé hier les résultats. Dans le pire scénario, où ni l’offre, ni la demande ne seraient au rendez-vous, le surcoût lié à la mise en place de l’infrastructure serait de 43 milliards. Si à l’inverse, les prestataires de services poussaient ces services et que leurs clients migraient rapidement, le gain pourrait être de 123 milliards d’euros et pratiquement le triple si cela s’accompagne d’un développement massif de la facturation électronique. L’étude « montre clairement que les bénéfices maximum ne peuvent être enregistrés que si les acteurs bougent vite », a souligné le commissaire au Marché intérieur Charlie McCreevy. La fixation d’une date de basculement impérative « aiderait », a souligné le président de l’Association européenne des trésoriers d’entreprises, Oliver Brissaud, tout en regrettant l’« opacité » des plans de migration nationaux pour les « acteurs non bancaires ». On devrait être fixé à ce sujet dans les mois à venir.
Bonne nouvelle toutefois pour les banques. Charlie McCreevy a hier lâché du lest sur les commissions d’interchange en soulignant que la décision MasterCard « n’interdit pas les interchanges ». « Evidemment quiconque investit dans un réseau de paiement a besoin d’un retour sur investissement », a-t-il reconnu.
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