Santander ouvre la voie des marchés obligataires aux banques espagnoles

Banco Santander a placé hier pour 2 milliards d’euros d’obligations non garanties. Une première pour une banque ibérique depuis cinq mois
Krystèle Tachdjian

Les banques européennes retrouvent le chemin des marchés. Après BNP Paribas et Unicredit la semaine dernière, la Société Générale et Banco Santander ont lancé hier des émissions obligataires. L’opération prend un sens tout particulier pour Santander, qui devient ainsi la première banque espagnole à lever de la dette non securisée depuis plus de 5 mois. La banque a en effet placé hier pour 2 milliards d’euros d’obligations non garanties à échéances de 2 ans. Selon Bloomberg, la première banque espagnole a mandaté le Crédit Agricole, Deutsche Bank et Natixis pour le placement des obligations.

Cette opération fait office de test et pourrait ouvrir la voie à d’autres établissements ibériques dans les prochaines semaines. Maillons faibles du pays, les banques de la péninsule ont accusé au premier semestre un montant record de 10,7 milliards d’euros de pertes en raison d’une explosion de leurs provisions pour créances douteuses. Madrid a été autorisé par l’Union européenne à emprunter jusqu’à 100 milliards d’euros pour recapitaliser ses banques mais le montant exact de cette aide ne sera déterminé qu’en septembre.

Pour son émission obligataire, Santander, l’un des établissements les plus résistants du pays a toutefois dû servir des intérêts d’environ 4,5%. C’est nettement supérieur à ce qu’ont payé ses principales concurrentes lors de récentes émissions. La semaine dernière BNP Paribas a ainsi emprunté à un taux d’environ 2,5% à 7 ans. La banque suédoise Svenska Handelsbanken a pour sa part émis des obligations à échéance 10 ans en offrant un rendement de 2,625%.

L’adjudication par l’Espagne de 4,5 milliards d’euros de bons à 12 et 18 mois, a signifié hier une baisse de son coût de financement court terme, les investisseurs pariant sur une intervention massive de la BCE sur le marché de la dette. Mais l’incertitude sur l’ampleur de cette action maintient les taux espagnols à un an au-delà des 3%. Surtout les marchés se demandent si Madrid fragilisée par l’éclatement de la bulle immobilière ne sera pas contrainte de demander une aide internationale à l’image de la Grèce, de l’Irlande, ou du Portugal.

De son côté, Société Générale a mis à prix hier pour 1 milliard d’euros d’obligations à échéance 2018 avec un coupon de 2,375%. La semaine dernière Unicredit a quant à elle été la première banque italienne depuis le début de l’année à faire son retour sur le marché des covered bonds.

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