Santander déprécie son investissement aux Etats-Unis
En ce moment, il semble préférable d’être une banque ibérique qu’une banque américaine. Santander, la première banque de la zone euro, a en effet présenté des résultats 2007 en très forte croissance, avec un revenu net d’intérêt à 15,3 milliards d’euros, soit 22,6 % de mieux qu’en 2006, et un bénéfice qui progresse de 23,2 %, à 8,11 milliards d’euros hors exceptionnels. Ces chiffres sont en ligne avec les attentes du consensus Reuters. Mais les Etats-Unis sont venus assombrir le tableau.
Le groupe en effet annoncé une dépréciation de 737 millions d’euros sur sa participation dans la banque américaine Sovereign Bancopr, dont elle a acquis 24,9 %. L’organisme de prêt américain a notamment annoncé une perte de 1,35 milliard de dollars pour 2007 en raison d’une lourde dépréciation de 1,6 milliard de dollars au quatrième trimestre. Le titre de la banque américaine, détenue à 24,9 % par le groupe espagnol, a déjà perdu la moitié de sa valeur depuis un an, à mois de 13 dollars. Dans ces conditions, Santander n’est plus sûre d’exercer en 2010 son option d’achat à 40 dollars par titre sur le reste du capital. « Les circonstances ont changé » admet Emilio Botin, patron du géant espagnol, en citant « les incertitudes qui existent sur le marché américain ».
Santander a par ailleurs précisé que l’un de ses objectifs pour 2008 était de porter une « attention particulière sur les risques ». Les tensions sur le marché de l’immobilier espagnol, avec les risques de défaut inhérents, ne semblent pas affecter sa confiance. Le groupe s’attend encore à une croissance de 10 à 12 % de son volume de prêts en Espagne cette année. Dans ces conditions, Emilio Botin a précisé que la banque, qui a racheté le britannique Abbey en 2004, n’avait aucun projet d’acquisition pour l’instant, et a totalement exclu une offre sur Alliance & Leicester. « Nous ne sommes pas intéressés » par la Société Générale, a-t-il également précisé.
Au regard de l’exposition propre à Santander aux Etats-Unis, on ne peut s’empêcher de penser à celle, plus importante encore, de BBVA. Ce dernier a racheté Compass Bancshares pour 10 milliards de dollars en 2006, une acquisition réalisée en haut de cycle. Lors de la présentation de ses comptes en janvier dernier, BBVA a pourtant souligné qu’il n’avait passé aucune provision liée à l’instabilité des marchés.
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