S&P va mettre ses menaces à exécution sur le risque de contrepartie
L’agence de notation S&P, qui a annoncé en décembre dernier un nouveau critère de risque de contrepartie dans le cadre des swaps inclus dans les titrisations, l’a rendu effectif le 18 janvier. Entre décembre et janvier, quelques banques sponsors ont fait les démarches nécessaires visant à réduire l’effet de notation découlant de l’application du nouveau critère, cela passant par des changements dans les termes des documents transactionnels ou le remplacement d’une contrepartie inéligible par une entité éligible. Pour 554 tranches comprises dans 225 transactions, S&P a ainsi reçu des sponsors un plan avant même la date d’application effective des nouvelles règles du 18 janvier. Et parmi elles, 21 seulement ne sont désormais plus affectées par le risque de contrepartie.
Pour le reste des transactions, la société de notation s’attendait à recevoir les plans au 18 avril pour qu’ils puissent être achevés de manière réaliste à la date butoir du 18 juillet. Mais l’agence n’en a toujours pas vu la couleur sur pratiquement 975 transactions, dont 2.005 tranches ont été placées sous surveillance mi-janvier. Alors que seulement 62 transactions ont été retirées de la surveillance négative pour des raisons de contreparties, le solde est, lui, exposé à des décisions négatives. Mi-janvier, S&P avait précisé que ces 975 titrisations ont été émises dans la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique (EMEA) pour un montant total 755 milliards d’euros, soit 30% des transactions qu’elle couvre.
«Nous évaluons les plans qui détaillent ce que nous considérons être un calendrier viable (...) et nous déterminerons s’il y a des décisions à prendre sur la notation avant ou à la date de transition» du 18 juillet, indique S&P.
A partir du 18 avril, la société a annoncé qu’elle procèdera à des dégradations de tranches affectées par ce changement et incluses dans les opérations n’ayant pas fait l’objet de plan d’action viable de la part des banques sponsors et apporteurs de swaps. S&P a indiqué hier que les abaissements pourraient aller d’un à quatre crans. En janvier, l’agence avait prévenu que 68% des CMBS et 62% des RMBS qu’elle évalue risquaient une baisse de notes, contre 28% pour les ABS et 15% pour le crédit structuré, CDO inclus.
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