S&P remet en cause l’embellie sur les adjudications italiennes et espagnoles

Mario Monti avance que la décision de l’agence constitue un problème supplémentaire dans la mesure où elle rend certains investissements impossibles
A. Duroyon et P. Aussannaire

Après le succès des adjudications espagnoles et italiennes la semaine dernière, la dégradation de la note des deux pays par Standard & Poor’s a sonné le glas de l’embellie constatée au sein de la zone euro. Dans un entretien à la station de radio Deutschlandfunk, la chancelière allemande Angela Merkel a tenté hier d’apaiser les esprits en indiquant que les mesures prises par les nouveaux gouvernements italien et espagnol «convaincront les marchés à moyen terme».

Dans l’immédiat, les annonces de S&P risquent de provoquer un nouvel accès de fièvre sur les marchés. L’Italie, désormais notée BBB+ comme le Kazakhstan, constitue «le sujet de préoccupation numéro un», a reconnu ce week-end Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE. Rome, qui paie le prix d’un «niveau élevé de dette publique» (120% du PIB) et d’«un faible potentiel de croissance», doit faire face à des besoins de refinancement massifs cette année (220 milliards d’euros). Le président du conseil italien Mario Monti a lui-même indiqué au journal La Stampa que la dégradation «n’était pas seulement un jugement sur notre action, mais elle constitue un problème supplémentaire, dans la mesure où elle rend certains investissements impossibles» faisant référence au fait que «nombre de fonds de pension et de fonds d’investissement ont dans leurs statuts une recommandation de ne pas investir dans des pays notés sous «A»».

Du côté de Madrid, dont la note a été ramenée de «AA-» à «A», on fustige une dégradation «beaucoup trop large» et qui «atteint la crédibilité même de l’euro». Le nouveau chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a indiqué samedi que «le gouvernement que je préside sait ce qu’il a à faire pour améliorer la réputation de l’Espagne, croître et créer de l’emploi». Répondant à la perspective négative de S&P qui enjoint le gouvernement à prendre des mesures pour réduire le déficit et réformer le marché de l’emploi, Mariano Rajoy a assuré qu’«il y aura des réformes, et la première concernera le marché du travail».

Le président français Nicolas Sarkozy est attendu aujourd’hui à Madrid en lever de rideau d’une semaine qui s’annonce particulièrement dense. Une rencontre est prévue en fin de semaine à Rome avec Angela Merkel et Mario Monti. Mariano Rajoy déclinerait toute invitation à se joindre à ce sommet, refusant catégoriquement que le cas de l’Espagne soit assimilé à celui de l’Italie.

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