RSA Insurance tire les leçons de son opération mains propres en Irlande
De nouvelles têtes tombent chez RSA Insurance. Le groupe britannique Royal & Sun Alliance a annoncé hier le renvoi immédiat du directeur financier et du responsable des sinistres de sa filiale irlandaise. En novembre, le patron de l’Irlande avait déjà fait ses valises avant la démission, il y a quelques semaines, de Simon Lee, directeur général du groupe. L’assureur espère ainsi mettre un terme aux errements de RSA Ireland, à l’origine de deux des avertissements sur résultats du dernier trimestre 2013, le troisième étant lié à des inondations au Royaume-Uni et à une tempête au Canada.
RSA a aussi dévoilé hier les principales conclusions d’un rapport d’inspection indépendant commandé à PwC. La filiale irlandaise aurait notamment insuffisamment provisionné le coût d’indemnisation des sinistres des assurés. «Nos investigations ont confirmé que les irrégularités dans le traitement des sinistres étaient, en grande partie, le résultat d’une collaboration délibérée entre un petit nombre de responsables sur place», a déclaré dans un communiqué Martin Scicluna, président de RSA qui assure l’intérim à la direction générale en attendant la nomination du successeur de Simon Lee.
Le groupe n’a pas jugé nécessaire de revoir à la hausse le coût de ces irrégularités. L’examen mené en interne et par son nouvel auditeur KPMG montrerait que les problèmes sont circonscrits à la filiale irlandaise. Celle-ci a été renflouée à hauteur de 200 millions de livres (242 millions d’euros) : 72 millions sont liés à des irrégularités dans les comptes et 128 millions à des réserves complémentaires. RSA ne s’interdit pas de poursuivre son ancien auditeur Deloitte, dont son président Martin Scicluna est un ancien associé. La Banque d’Irlande continue de son côté ses investigations et s’est abstenue de tout commentaire.
Cette affaire a conduit RSA à revoir ses objectifs financiers, qui déterminent en partie le niveau des salaires et des bonus. Ceux assignés à l’Irlande étaient, de l’aveu du directeur financier du groupe, «un peu trop agressifs». Les actionnaires de la compagnie font aussi les frais des dysfonctionnements. Outre la chute du cours de ce penny stock (-27 % l’an dernier), ils risquent une nouvelle baisse de leur dividende, déjà amputé en 2013. Le prochain sera fixé en février en tenant compte des événements irlandais et climatiques, a prévenu hier RSA.
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