Rome repousse d’un an son objectif d’équilibre budgétaire structurel
Après la France, c’est l’Italie qui se voit contrainte de réviser à la baisse ses prévisions de croissance, repoussant ainsi d’un an son objectif d’équilibre budgétaire structurel. «Les perspectives économiques se sont fortement détériorées», a déclaré hier soir lors d’une conférence de presse le ministre des Finances Pier Carlo Padoan.
Le gouvernement italien anticipe désormais pour 2014 une contraction de 0,3% du produit intérieur brut (PIB), alors qu’il s’attendait en avril dernier à une hausse de 0,8%. La reprise attendue l’an prochain resterait poussive avec une hausse limitée à 0,6%, contre une croissance de 1,3% initialement prévue.
L’institut national de la statistique du pays (Istat) avait indiqué peu auparavant qu’au vu des dernières enquêtes sur les perspectives d’activité des entreprises, il tablait sur «une nouvelle contraction du PIB au troisième trimestre». L’absence de croissance fera ressortir cette année un déficit budgétaire de 3% du PIB, qui correspond à la limite fixée par l’Union européenne, et de 2,9% l’an prochain. Il tablait auparavant sur un déficit de 2,2% à l’horizon 2015. Il dégagera de cette manière 10 milliards d’euros supplémentaires qui seront utilisés pour réduire des taxes salariales et financer certaines dépenses militaires à l’étranger.
Compte tenu de ces circonstances exceptionnelles, Pier Carlo Padoan a précisé qu’il était «légitime de planifier une trajectoire moins rapide vers l’équilibre budgétaire structurel», en repoussant celui-ci d’un an à 2017. Il a ajouté qu’il attendait «un dialogue normal» à ce sujet avec la Commission européenne. Si les recettes de privatisation, qui contribueront à diminuer la dette publique, se révèleront cette année légèrement inférieure à l’objectif initial de 0,7% du PIB, cet écart devrait être comblé sur les deux années suivantes. Le ratio de dette publique sur PIB, le deuxième plus important de la zone euro, devrait continuer d’augmenter pour atteindre 131,7% cette année puis 133,4% en 2015.
Le premier ministre Matteo Renzi, qui vient d’obtenir le soutien de son parti de centre-gauche (parti démocrate) sur la délicate réforme du marché du travail, fait face à la difficulté de maintenir une discipline budgétaire alors que l’activité du pays s’est contractée à chaque trimestre depuis début 2012, à l’exception du dernier trimestre 2013 où elle a affiché une progression symbolique de 0,1%.
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