Rexecode suggère de réduire les impôts sur les coûts de production
Trois anomalies et deux recommandations majeures forment la trame du premier dossier consacré à la fiscalité française du tout nouveau Cercle Rexecode dont les travaux ont été réalisés sous la houlette de Michel Didier et de Jean Peyrelevade.
La première anomalie, bien connue, tient au niveau élevé des prélèvements obligatoires (PO) en France, un des rares pays où le taux de ces prélèvements a augmenté depuis 2000 quand il a diminué en Allemagne de 1,7 point et de plus de 7 points en Suède. A périmètre constant (PO français appliqué au PIB allemand), un écart substantiel de 113 milliards d’euros de prélèvements apparaît entre la France et l’Allemagne.
L’anomalie suivante, selon le Cercle Rexecode, est relative aux taxes qui pèsent sur les coûts de production. La France partage avec l’Italie la particularité d’avoir des prélèvements assis sur la masse salariale, pour quelque 30 milliards d’euros. Elle accumule toute une série de taxes comme la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE, 13 milliards), la cotisation foncière des entreprises (6 milliards), l’impôt foncier sur le bâti (6 milliards) et la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S, 6 milliards).
La troisième anomalie réside dans la fiscalité du capital en augmentation constante au nom de l’égalité entre la fiscalité du travail et celle du capital, là où d’autres pays, à commencer par la Suède, se sont convertis à une dualité visant à ne pas surtaxer le capital pour favoriser son accumulation et donc la croissance économique. Les économistes du Cercle ont calculé que le taux marginal d’imposition du capital (ISF,etc) pouvait atteindre 130% du revenu du capital, ce dernier étant entendu comme le rendement de l’OAT.
Rexecode apporte sa pierre au débat fiscal actuel par le biais de plusieurs recommandations. Les deux principales portent sur le recalage des coûts de production afin de redonner de la compétitivité aux exportations de l’industrie française et d’améliorer la rentabilité financière des entreprises. La seconde vise à «corriger les excès manifestes de la fiscalité du capital qui pèsent sur les comportements». Tout le problème est que ces mesures ont une portée de moyen-long terme quand les décisions politiques sont rythmées par le court terme, reconnaît Michel Didier.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français