Les chiffres de l’emploi américain et les craintes sur la Grèce ont favorisé la hausse, depuis fin novembre, de 5,6 % du dollar vis-à-vis de l’euro
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Tân Le Quang
Devenu un indicateur efficace d’aversion pour le risque et «la» devise de financement des positions de carry trade, le dollar est prématurement entré dans une dynamique haussière. Alors que beaucoup de stratégistes voient en 2010 l’année du grand retour de la monnaie américaine, l’euro/dollar, qui avait atteint le 25 novembre un plus haut de 1,513, est passé vendredi sous les 1,43. Soit un décrochage brutal de 5,6% en trois semaines. Le niveau actuel de la parité déjoue pour l’instant les pronostics de début de mois du Panel Agefi Change qui prévoit, en moyenne, un euro/dollar à 1,50 à horizon 3 mois.
Pour BNP Paribas, le retournement du phénomène de carry trade, qui se fait actuellement au détriment du dollar, sera le thème majeur de soutien au dollar en 2010. Le retour aux fondamentaux économiques devrait aussi davantage peser dans l’évolution de l’euro/dollar. D’ailleurs, selon CAAM, si le dollar a atteint de nouveau une sous-évaluation historique, une série de facteurs rééquilibrants ont fini par s’accumuler. «Le déficit commercial américain (hors pétrole) se résorbe continûment depuis fin 2006, non seulement le déficit extérieur a fortement baissé, mais surtout son financement est maintenant facilité par la valeur très attractive des actifs américains.»
A court terme, l’état de santé du marché du travail américain constitue déjà la variable clé qui influencera le plus la parité. Les moindres suppressions de postes aux Etats-Unis en novembre avaient d’ailleurs soutenu l’embellie du dollar. Les inquiétudes sur la Grèce ont aussi pesé sur l’euro. Pour Aurel BGC, l’appréciation actuelle du billet vert indique «que la baisse inattendue du taux de chômage nourrit des anticipations de relèvement plus précoce des taux directeurs».
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