Résultats décevants et objectifs prudents pèsent sur Veolia
Le pôle énergie a pesé. Veolia anticipe une hausse d’au moins 10 % des ventes, de l’Ebitda et du résultat net en 2008
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Bruno de Roulhac
Dans un marché volatil, la moindre déception est sévèrement sanctionnée. Veolia vient d’en faire les frais (-9,93 % à 49,50 euros) à l’annonce de résultats annuels inférieurs au consensus. Notamment, le résultat opérationnel récurrent du pôle énergie ne progresse que de 5,6 %, en raison de la douceur climatique du début 2007, contre 11,1 % pour l’ensemble du groupe.
A son habitude, le groupe a dévoilé des objectifs prudents : une croissance d’au moins 10 % du chiffre d’affaires (+14 % en 2007), du résultat net (+22,3% en 2007) et de sa capacité d’autofinancement ou Ebitda (+9,6 % en 2007). Néanmoins, «on sera sûrement au-delà [de l’objectif de hausse de10 % du chiffre d’affaires]. On le verra au fur et à mesure», assure Jérôme Contamine, directeur général exécutif de Veolia. De fait, «la seule contribution en année pleine des acquisitions réalisées par Veolia sur la période 2007 (Sulo en Allemagne, TMT en Italie, TNAI en Amérique du Nord et Royaume-Uni avec Thames Water) devrait permettre au groupe d’atteindre son objectif de croissance d’au moins 10 %» de ces trois indicateurs, relève CM-CIC Securities.
Si Veolia se refuse à préciser ses projets de croissance externe, nécessairement dans ses cœurs de métier et en Europe ou en Amérique du Nord, Jérôme Contamine rappelle que sur la période 2007-2009, le groupe consacrera 20 milliards d’euros aux investissements, dont une moyenne annuelle de 4 milliards en croissance en organique. Ce qui laisse en moyenne une enveloppe annuelle de près de 3 milliards pour des acquisitions. Bien que l’endettement net ait progressé de 3 % à 15,1 milliards - en dépit de 2,85 milliards d’augmentations de capital -, le ratio dette nette sur Ebitda a baissé d’un point à 3,3 au-delà de l’objectif de moyen terme d’une fourchette de 3,5 à 4.
Toutefois, Veolia exclut de prendre une participation au capital de Suez environnement, lors de sa mise en Bourse au début de l’été. « C’est une activité française à laquelle nous ne pouvons pas accéder pour des raisons évidentes de concurrence, rappelle Henri Proglio, PDG de Veolia. Donc, nous n’avons pas vocation à devenir un actionnaire financier de cegroupe »
A moyen terme, Veolia maintient un objectif de croissance annuelle de 8 à 10 % de son chiffre d’affaires, un Roce après impôts de 10 % (10,9 % en 2007) et un taux de distribution de 50 à 60 % (59,5 % en 2007, soit 1,21 euro par action).
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