Regain d’optimisme à court terme pour les marchés actions européens
Après une consolidation à plat entre début février et mi mars, l’horizon semble à nouveau se dégager à court terme pour les marchés actions de la zone euro. Comme depuis novembre 2011, ceux-ci restent avant tout portés par la détente des taux sur le Vieux Continent: le taux à 10 ans de la zone euro pondéré du poids de la dette des Etats a reculé de 170 points de base par rapport à son point haut, de 5,8% à 4,1% aujourd’hui, libérant mécaniquement un potentiel de hausse pour les actions de la zone estimé selon notre modèle de prime de risque à 29% à partir du point bas. La performance de l’EuroStoxx, de +26,5% depuis fin septembre, découle ainsi directement de ce phénomène.
Les investisseurs sont désormais à la recherche d’un second souffle, l’essentiel des bonnes nouvelles sur le front de la gestion de la crise des dettes publiques du Vieux Continent étant maintenant bien intégré dans les cours boursiers. De manière surprenante, c’est la microéconomie qui semble le leur apporter. En effet, le cycle de révisions baissières entamé en avril 2011 par les analystes financiers sur les résultats 2012 semble perdre de sa force: notre ratio du nombre de révisions à la hausse sur le nombre de révisions à la baisse pour les profits 2012 a retrouvé des couleurs depuis quelques semaines, passant d’un niveau extrêmement faible de 0,3 fin octobre à près de 0,8 fin février (cf. graphique ci-dessous).
Or, l’on sait que les marchés actions sont avant tout corrélés à la pente de notre indicateur, ce qui est de bon augure pour les semaines à venir. Selon les analystes financiers, après un recul de -2,9% en 2011, les profits des entreprises de la zone euro devraient donc augmenter à nouveau de +10% en 2012. Alors que la plupart des pays du continent entrent en récession, il faut relativiser un tel degré d’optimisme. Historiquement, une récession même légère a toujours entraîné une correction des bénéfices des entreprises de la zone d’au moins 10% par rapport à ses plus hauts.
Dans un environnement où l’inflation des prix des matières premières met de plus en plus sous pression les taux de marges, il faut s’attendre à une reprise des révisions baissières de la part des analystes financiers dès le mois prochain, qui limitera le potentiel de hausse des marchés actions européens.
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