RCI Banque lance un ABS auto plus simple que les précédents

Le véhicule d'émission choisi est moins complexe qu’avant. Mais les obligations ont la particularité d’offrir un coupon à taux fixe
Solenn Poullennec

La semaine dernière, les experts européens de la titrisation se sont pressés à Bruxelles à la grande conférence de l’industrie, Global ABS 2012. L’occasion pour RCI Banque, la banque captive de Renault, de promouvoir sa prochaine titrisation de portefeuille de prêts automobiles accordés en France, Cars Alliance Auto Loans France 2012-1, qui sera mise à prix aujourd’hui.

Le montant de l’opération n’a pas encore été dévoilé. Selon l’analyste de Natixis, Henri de Mont-Serrat, il pourrait approcher le milliard d’euros, à en juger par la valeur du portefeuille de prêts, essentiellement attribués à des particuliers pour l’achat de véhicule neufs (67%).

En tout cas, la structure de la titrisation diffère par sa relative simplicité de celles qui ont déjà été réalisées par RCI Banque en 2002 et 2006. La société passait alors par une structure de type «master trust», qui émettait à la fois les titres placés sur le marché et ceux qui étaient retenus par la captive pour se refinancer à la Banque centrale européenne.

«Depuis quelques années il y a une préférence très marquée de la part des investisseurs pour des structures plus simples», explique Jean-Marc Saugier, trésorier de RCI Banque. «On remplace une seule structure master trust par deux structures côte à côte, l’une pour les titres auto-souscrits par RCI Banque, l’autre pour les titres destinés aux investisseurs extérieurs». Pour Henri de Mont-Serrat, ce choix devrait être «plutôt favorable du point de vue du placement public. Les investisseurs pourront en effet aisément comparer cette structure avec celles des autres transactions similaires».

Cependant, l’analyste relève que les obligations de la classe A offriront un coupon fixe alors que la plupart de ses émissions sont indexées sur l’Euribor ou le Libor à 1 mois. La banque n’aura pas à contracter un swap de taux. La démarche «se démarque du reste du marché et fait prendre un risque à l’émetteur», juge l’analyste.

«Avec le resserrement des critères des agences de notation et la baisse de la notation moyenne des banques, le nombre de banques susceptibles d’offrir des swaps de titrisation a diminué au cours des années passées. On a souhaité s’en affranchir, défend Jean-Marc Saugier. J’imagine que ce qu’on gagnera en ne contractant pas de swap de taux, on le perdra en prime d’illiquidité. Mais nous sommes beaucoup plus dans une optique de diversification que dans une optique d’optimisation».

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