Le capital investissement fait un tabac auprès des particuliers
Les acteurs français du capital-investissement et des fonds d’infrastructure continuent de profiter de l’engouement des investisseurs pour la classe d’actifs. Selon la 35e édition de l’étude de France Invest portant sur l’activité dans le non-coté, les levées de fonds ont atteint 18,4 milliards d’euros au cours des six premiers mois de l’année. Un niveau historiquement haut, qui s’explique notamment par l’importance des processus dans le capital-investissement – lequel a cumulé à lui seul 10 milliards d’euros. Les acteurs de ce segment (qui exclut l’infrastructure) ont ainsi amassé 35% de plus qu’au premier semestre 2020, mais aussi et surtout un quart de plus qu’au cours des six premiers mois de 2019.
« Cette tendance est ressentie au quotidien et ces chiffres consolidés font office de confirmation. Tous nos métiers sont en croissance, à commencer par le capital-développement et l’innovation. Le capital-transmission, lui, reste relativement stable en raison de sa plus grande maturité », souligne Claire Chabrier, présidente de France Invest et directrice associée chez Amundi Private Equity Funds.
Autre fait notable : les 10 milliards levés par les acteurs du private equity sont essentiellement à mettre au crédit des fonds de taille comprise entre 100 et 500 millions d’euros. Aucun fonds de plus d’un milliard d’euros n’est donc venu alimenter l’enveloppe. « Les levées des fonds de ‘growth’ ont été significatives et cela a naturellement contribué à la bonne activité du premier semestre », constate Alexis Dupont, directeur général de France Invest. Les assureurs, pourtant partenaires de l’initiative Tibi, n’ont cependant que faiblement participé à la bonne tenue de l’activité des premiers mois de l’année. Leurs engagements ont baissé d’un tiers par rapport au premier semestre 2020.
Barrières à lever
En revanche, les fonds de fonds ont augmenté leurs allocations à la classe d’actifs à hauteur de… 184%. Un bond historique essentiellement lié à l’engouement des investisseurs les moins sophistiqués pour le private equity. Dans la même veine, une vague de particuliers commence à irriguer l’industrie du non-coté. Pour la première fois de l’histoire, leurs engagements (1,66 milliard d’euros), en progression de près de 60% au cours des six premiers mois de l’année, dépassent ceux des compagnies d’assurance.
« Cette évolution souligne l’attractivité de notre classe d’actifs. Tous les efforts faits depuis quelques années commencent à porter leurs fruits, explique Claire Chabrier. D’ici cinq ans, nous comptons porter leur contribution à près de 10 milliards d’euros par an. »
Pour atteindre cet objectif ambitieux, l’association a mis en place un groupe de travail qui tente de lever trois barrières. La première, réglementaire, pourrait être levée en émettant des propositions aux pouvoirs publics, afin de fluidifier les mécanismes existants sur l’assurance-vie et l’épargne retraite. La deuxième est liée à la formation. L’association compte ainsi créer des formations à destination des banquiers privés et de l’ensemble des distributeurs, pour les familiariser avec la classe d’actifs. Enfin, un travail de communication va être mené de front pour continuer à améliorer l’image du private equity.
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