Les émetteurs parapublics français séduisent les investisseurs du Moyen-Orient
Confrontés aux contraintes budgétaires, les organismes parapublics (CDC, Cades…) se montrent très actifs sur les marchés obligataires. «Depuis le début de l’année, ils ont levé 44,5 milliards d’euros à fin juin contre 33,3 milliards un an plus tôt soit une hausse de 34%, ce qui permet de couvrir leurs besoins de financement de l’année 2012, et d’envisager le reste de l’exercice avec sérénité», explique Philippe Laroche, responsable origination obligataire sur le segment des émetteurs publics chez HSBC France.
Les récentes émissions obligataires en dollars lancées par la Caisse des dépôts et consignations et la Cades, l’organisme de refinancement de la Sécurité sociale, montrent surtout une évolution dans les allocations d’actifs, marquée par un repli des investisseurs asiatiques jusque-là très présents sur ce type d’opérations. « Pour les émissions en dollars, on note un attentisme de la part de certains investisseurs asiatiques qui ont tendance à s’engager sur des durées plus courtes ou des crédits différents. Dans le même temps, les investisseurs européens prennent le relais et les moyen-orientaux montent en puissance», explique Philippe Laroche.
La CDC vient de lever 1 milliard de dollars à horizon 2015 sur les marchés obligataires avec un coupon de 1,625%. Cette émission réalisée le 10 juillet a été sursouscrite 1,3 fois mais placée seulement à hauteur de 7% en Asie. L’Europe représente quant à elle 44% des carnets d’ordres, les Amériques (hors Etats-Unis) 25%, et la zone MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) 24%. Fin juin, l’emprunt obligataire similaire (à 3 ans et en dollars US) lancé par la Cades s’est placé en Europe et au Moyen-Orient à hauteur de 70%, en Asie pour 24% et sur le continent américain pour 6%. A titre de comparaison, la Cades en 2008 avait réussi à attirer près de 70% de participants asiatiques lors d’une émission en dollars de maturité 5 ans.
L’Agence France Trésor n’émettant pas en devise étrangère, ces transactions sont pour les investisseurs un moyen de placer du risque français dans les portefeuilles en dollars. Du côté de l’émetteur, ces opérations libellées en billet vert sont généralement swappées en euro afin de supprimer tout risque de change.
Plus d'articles du même thème
-
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments -
«Les marchés ne semblent pas croire à une appréciation durable du yen»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
« La prudence des investisseurs sur les actifs français peut durer jusqu’au printemps »
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion. -
Moody's épargne la France en maintenant sa note inchangée
Alors que beaucoup pronostiquaient une dégradation de la note de la France par Moody's, l'agence de notation l'a laissée inchangée, anticipant une réduction du déficit en 2027. -
La correction sur les actions pèse sur l’or
Le métal jaune n’a pas joué un rôle d’actif refuge dans la récente baisse, contrairement aux emprunts d’Etat américains et allemands, mais plutôt de source de financement des pertes sur d’autres actifs. Il est également affecté par les taux élevés, perdant près de 15% depuis fin août. -
La Chine reconstitue activement ses stocks de pétrole brut
D’après les données de Kpler, les stocks de pétrole en Chine sont au plus bas. Le pays augmente ses achats depuis juillet afin de les reconstituer, profitant de l’offre disponible au Moyen-Orient, avant une éventuelle escalade du conflit.
ETF à la Une
Le régulateur suisse autorise le premier ETF investi sur le bitcoin
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- Tikehau cherche à s'adjoindre un nouveau partenaire stratégique
- La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- Stéphane Vonthron (LOIM) : «Nous voulons développer la distribution externe au sens large»
Contenu de nos partenaires
-
Choix PublicsTenir les principes quand tout vacille
La France de 2026 est marquée par une triple corruption des principes de sa constitution politique, qui trouve sa source et sa force dans le projet, puis les lacunes, de l’Etat-Providence. -
« Nous voulons des élections maintenant ! » : au Venezuela, une opposition divisée sur fond de négociations avec le gouvernement
Depuis l'intervention des Etats-Unis, deux oppositions cohabitent au Venezuela. L'une, cooptée par Washington, négocie une transition démocratique avec le gouvernement chaviste. L'autre, soutenue par les Vénézuéliens mais écartée des tractations, organisent des manifestations pour se faire entendre du pouvoir. -
A Orléans, un RN dans sa bulle célèbre la réélection de Jordan Bardella
Les cadres du parti ont déroulé la première journée de leur Congrès dans une pleine satisfaction, peinant à cacher leur optimisme pour la présidentielle à venir