Poursuite du débat sur la stratégie à adopter pour les rehausseurs de crédit
Le débat fait rage entre les acteurs du rehaussement de crédit sur la stratégie à adopter pour le secteur. Jeff Rosenberg, analyste chez Bank of America, a publié une étude dans laquelle il indique que les rehausseurs de crédit auraient intérêt à viser une note de «AA» plutôt que de chercher à conserver leur «AAA» en scindant leurs activités. Le coût pour le secteur financier dans son ensemble pourrait être plus élevé dans le second cas que dans le premier. Dans le premier cas, l’idée est de préserver les 1.000 milliards de «municipal bonds», et ainsi d’éviter la hausse des coûts du financement pour les collectivités locales. Cette idée est soutenue par FGIC et par le nouveau PDG de MBIA, Joseph Brown.
Toutefois, selon Jeff Rosenberg, cela aboutirait à la baisse des notes des filiales de financements structurés des rehausseurs, obligeant les banques à déprécier la valeur des titres garantis pour ces produits d’au-moins 30 milliards de dollars. En outre, il rappelle que cette solution n’est pas sans poser plusieurs problèmes juridiques. La stratégie d’abaissement de la note à «AA», préconisée par l’expert, présenterait l’avantage d’être moins gourmant en termes de capitalisation requise par rapport au «AAA». L’analyste estime que les dépréciations des banques liées aux polices souscrites sur des collateralized debt obligations (CDO) seraient alors ramenées à environ cinq milliards de dollars. Selon lui, les conséquences seraient limitées pour les «municipal bonds», car leurs détenteurs ne s’en séparent en général qu’en dessous de «AA». Cette note est pour lui un bon compromis, d’autant qu’en dessous de ce niveau, les banques devraient absorber à court terme 100 milliards de dollars de «municipal bonds».
En interne aussi le débat n’est pas clos, puisque MBIA a décidé de se retirer de l’association regroupant les rehausseurs de crédits (AFGI) en raison de divergence de point de vue. La société est en désaccord avec ses pairs sur la question de la couverture des swaps de défaut de crédit et la réassurance des différentes transactions financières de filiales de groupes américains sans payer l’impôt américain sur les sociétés. Pour Joseph Brown «il est devenu clair que MBIA et les autres membres de l’AFGI ne partagent plus la même vision du secteur». Cette décision a «surpris» son dirigeant, Sean McCarthy, qui affirme que l’association n’a jamais «pris position» ni indiqué à ses membres comment il devait agir dans cette situation.
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