Pour Visa, pas d’espace européen des paiements sans interchange
L’association, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 583 millions d’euros en Europe en 2007, garde une lecture positive de la décision MasterCard
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Florence Autret, à Bruxelles
Le patron de Visa Europe, Peter Ayliffe, se refuse à envisager un autre modèle que celui de l’interchange, par lequel les banques émettrices se rémunèrent via les banques des commerçants grâce à une commission prélevée sur les paiements, pour financer le système européen de paiement par cartes. Il l’a rappelé hier à Bruxelles à l’occasion de la présentation des résultats annuels de l’association qui regroupe 4.600 banques. En décembre, la Commission a condamné le système d’interchange de MasterCard créant un certain malaise dans l’industrie bancaire qui compte sur ce modèle pour développer les services paneuropéens de paiement par carte et de débit direct.
Visa fait délibérément une lecture positive de la décision. « La Commission a reconnu que l’interchange peut exister légalement en Europe », a déclaré Peter Ayliffe, tout en admettant qu’il persistait une incertitude juridique. Bruxelles a en effet arrêté trois critères d'évaluation : innovation, sécurité, efficacité. « S’il y a une chose que nous pouvons démontrer clairement, c’est l’apport de notre système au consommateur », a-t-il insisté. Cependant, il a reconnu qu’il ne disposait pas encore du texte de la décision MasterCard. En théorie, l’exemption dont jouit Visa depuis 2002 pour son propre système d’interchange a expiré. Dans la pratique, les six mois de délai accordés à MasterCard pour revoir son propre système valent apparemment également pour son concurrent.
Peter Ayliffe a vertement critiqué les alternatives promues par « certains distributeurs », notamment l’idée d’une « surcharge » facturée par le commerçant en cas d’utilisation d’une carte de crédit. Le 14 janvier la commissaire à la concurrence Neelie Kroes a qualifié ce surcoût, de « juste signal de prix » adressé aux consommateurs.
A une semaine du lancement officiel de l’Espace européen des paiements (Sepa) à Bruxelles le 28 janvier, le patron de Visa a voulu positionner son réseau comme celui qui correspond le mieux au « désir de la Commission et de la Banque centrale européennes d’avoir un système européen indépendant ». « Personne ne me dit quoi faire en Europe sauf mes membres et je ne rapporte à personne hors d’Europe », a-t-il assuré. En 2007, Visa Europe a réalisé un chiffre d’affaires de 583 millions d’euros (+4,6 %) pour un bénéfice avant impôt de 46 millions (+7 %) et une hausse de 7,8 % des cartes de débit à 218 millions d’unités.
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