Porto Rico présente son plan de redressement à cinq ans

L'île des Caraïbes, qui ploie sous 72 milliards de dollars de dette, prévoit notamment de nouvelles mesures d’imposition fiscale.
Antoine Duroyon

Porto Rico avance lentement sur le chemin du redressement. Des responsables gouvernementaux et des conseillers extérieurs ont remis mardi au gouverneur Garcia Padilla le plan du «groupe de travail». Sa remise était initialement prévue le 30 août mais elle a été reportée en raison de la tempête tropicale Erika. Ce document, qui doit être rendu public aujourd’hui, synthétise la trajectoire de reprise économique et d’ajustement de la dette que l'île des Caraïbes devra suivre ces cinq prochaines années.

Il fait désormais suite à l’accord partiel conclu début septembre par certains créanciers de la compagnie publique d'électricité (Puerto Rico Electric Power Authority - Prepa) après une série de défauts. Cet accord prévoit un échange d’obligations à 85% du pair contre des titres adossés aux revenus futurs de la compagnie. La totalité de la dette de Porto Rico et de ses agences publiques atteint 72 milliards de dollars. Le plan inclut des prévisions de revenus et de dépenses annuelles après la prise en compte de mesures d'économies et d’initiatives visant à stimuler la collecte des recettes fiscales (avec une taxe sur les services en guise de transition vers la TVA en avril 2016). Selon le journal El Nuevo Dia, il se traduit par une injection publique de 1,5 milliard de dollars.

Ces calculs n’intègrent pas le principal annuel et les intérêts, ce qui signifie que l'écart estimé entre les revenus et les dépenses (l’excédent primaire) indique la charge de service de la dette que Porto Rico pourra supporter chaque année, explique une source au fait du dossier citée par Bloomberg. «Ce plan est un élément indispensable pour orienter le développement économique de Porto Rico, affronter les défis budgétaires et retrouver le bien-être social des Portoricains», a commenté Victor Suarez, directeur du cabinet de Garcia Padilla.

L'île, qui dispose du statut d’Etat libre associé aux Etats-Unis, et ses agences versent chaque année quelque 4 milliards de dollars au titre du service de la dette. Un montant qui ne comprend pas le principal et les intérêts pour Prepa et Prasa (Puerto Rico Aqueduct and Sewer Authority). Porto Rico est loin d'être sorti de l’ornière. «Ce n’est vraiment que le début d’une nouvelle étape et cette étape pourrait durer des années», prévient Matt Fabian, partner chez Municipal Market Analytics.

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