Porto Rico perd en justice face à ses créanciers
Petite victoire pour les investisseurs obligataires et rehausseurs de crédit. La justice américaine a jugé vendredi nulle et non avenue la loi signée l’été dernier par le gouverneur de Porto Rico pour permettre aux compagnies publiques de l’île de restructurer leur dette en forçant la main de leurs créanciers. Saisis par les fonds Franklin Resources et OppenheimerFunds, les juges ont considéré que la Constitution américaine et la loi fédérale sur les faillites primaient sur la législation du Commonwealth, et que le texte violait par ailleurs la documentation des obligations émises par la compagnie locale d’électricité, Prepa.
Porto Rico espérait alléger le fardeau de Prepa ainsi que des compagnies publiques de transport (PRHTA) et de gestion de l’eau (Prasa), qui atteint environ 22 milliards de dollars. Dans l’attente du jugement, les créanciers ont accepté de surseoir au paiement des intérêts. Prepa reste un candidat probable à un défaut le 1er juillet, prochaine date de remboursement du principal et du coupon de ses obligations, mais la main de ses créanciers se voit désormais renforcée. Un chief restructuring officer doit présenter le 1er mars un plan de redressement de la compagnie publique, préparé par une équipe d’Alix Partners.
Prepa affiche environ 8,5 milliards de dollars d’obligations, pour la plupart logées dans des fonds communs de placement américains. A eux deux, Franklin et Oppenheimer en détiennent 1,5 milliard. Une partie des obligations des émetteurs qui étaient concernés par la loi portoricaine est par ailleurs garantie par des assureurs monolines. A fin septembre, cette exposition atteignait environ 2,5 milliards de dollars pour Assured Guaranty, 2,2 milliards pour MBIA et près de 1,6 milliard pour Ambac. «Les rehausseurs de crédit sont assez solides pour supporter un stress lié à Porto Rico», estimaient en janvier les analystes de CreditSights.
En France, Dexia est aussi exposée au risque portoricain. A fin juin 2014, la valeur comptable brute de ses engagements s’élevait à 411 millions de dollars, provisionnée à hauteur de 34 millions. «La dégradation de la qualité de crédit de plusieurs agences publiques du Commonwealth, liée à la mise en place d’un cadre légal leur permettant de restructurer leur dette, n’impacte pas directement Dexia, les expositions du groupe sur ces contreparties étant garanties par des réassureurs de bonne qualité», soulignait la banque dans son rapport semestriel.
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh appelle à un «changement de régime» à la Fed
L’audition devant la Commission bancaire du Sénat du candidat choisi par Donald Trump pour présider la Fed après le 15 mai a été animée mardi. Elle a confirmé que sa nomination officielle devrait être retardée en raison du différend concernant l’enquête pénale visant Jerome Powell, que le sénateur républicain Thom Tillis considère comme une attaque contre l’indépendance de la banque centrale. -
Les actions chinoises tirent leur épingle du jeu
Les places boursières chinoises, qui ont rattrapé leur baisse de mars, s’imposent comme les gagnantes de la situation au Moyen-Orient. La Chine est moins vulnérable au choc énergétique et elle tire profit de son investissement dans l’innovation. -
L’agence S&P Global Ratings affine encore sa notation des «covered bonds»
Cette nouvelle révision devrait avoir des impacts positifs pour les produits dont la notation peut être supérieure à celle de l’Etat d’émission. -
FDJ United revoit à la baisse ses ambitions pour 2026
L'entreprise justifie le recul de ses revenus au premier trimestre notamment par l'alourdissement de la fiscalité sur les jeux. -
Les taux britanniques poursuivent leur ascension
Les rendements des Gilts 10 ans ont pris 20 points de base en deux jours sur fond de crise politique, mais aussi de hausse des prix du pétrole et de crainte d’inflation. Les données d’emploi n’offrent pas de vision claire de la situation économique. -
BNP Paribas Banque Privée vise 190 milliards d'euros d’actifs confiés à l’horizon 2030
Arrivé en novembre dernier à la tête de l’activité de banque privée de BNP Paribas en France, Fabrice Bagne veut accélérer les synergies avec d’autres entités du groupe pour recruter de nouveaux clients.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Groupama AM va sensibiliser les étudiants d’HEC Paris à la gestion d’actifs
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
Contenu de nos partenaires
-
Les fous de BaalbekLe Hezbollah observe les négociations libano-israéliennes « le doigt sur la gâchette »
La milice armée, alliée du régime de Téhéran, pourrait profiter de ce répit pour reconstituer ses forces -
Avec parcimonieSébastien Lecornu étend un peu ses aides face à l'envolée des prix du carburant
Le Premier ministre a annoncé avoir missionné ses ministres pour élargir les aides aux professions les plus touchées par l'augmentation des carburants. Les agriculteurs verront leur aide sur le gazole passer de 4 à 15 centimes par litre. Une aide est prévue pour près de 3 millions de grands rouleurs contraints d'utiliser leur voiture dans le cadre de leur profession -
Une fois, pas deux« Pas question de revivre un psychodrame » : le PS cherche comment éviter le piège du budget 2027
Vaccinés par les errements de l’année passée, les socialistes voudraient s’éviter le supplice d’une précampagne présidentielle polluée par des négociations à l’aveugle avec Sébastien Lecornu