Porsche en passe de monter à plus de 50 % de Volkswagen
Ferdinand Piëch, homme clé de l’automobile allemande ? Rares sont ceux qui en doutent. Mais pour les plus sceptiques, il vient d’en apporter deux nouvelles preuves. Volkswagen, dont il est le président du conseil de surveillance, va accroître sa part dans Scania, s’imposant comme le pivot de la recomposition de la filière poids lourds en Europe (lire ci-dessus).
Par ailleurs, Porsche, dont il est actionnaire de référence, s’apprête à franchir un pas décisif pour le secteur automobile d’outre-Rhin. Le conseil de surveillance vient de donner son autorisation à une prise de participation majoritaire dans Volkswagen. Certes, c’est le directeur général, Wendelin Wiedeking, qui est mis en avant dans le communiqué ambitionnant de créer « l’une des plus fortes et des plus innovantes alliances automobiles au monde ». Il n’empêche que derrière le mouvement se dessine bien l’empreinte de Ferdinand Piëch. Et comme le dossier Man-Scania, le resserrement des liens entre Porsche et Volkswagen lui aura donné l’occasion de mettre en évidence tout son sens de la tactique.
Lorsque Porsche est monté dans Volkswagen (jusqu’à en obtenir 31 %), il s’est posé en chevalier blanc, surfant sur la crainte ambiante de voir surgir un hedge fund. Mais pour Porsche, l’opération a aussi son intérêt au-delà des considérations financières. Comme le rappelait alors un analyste, « elle permet de sécuriser les accords de coopération » essentiels pour éviter une marginalisation (son 4x4 est développé sur la même base que celui de VW). De fait, si par le passé Porsche était un acteur de niche, son développement dans le 4x4 et bientôt les berlines en fait un concurrent de plus en plus sérieux pour les constructeurs haut de gamme. De quoi les rendre moins enclins à collaborer avec lui.
Certes, Porsche devra encore débourser quelque 10 milliards d’euros pour passer à plus de 50 %. Mais là encore, il a su manœuvrer habilement. L’an passé, il s’est plié à une obligation de lancer une OPA sur VW. Or, le prix minimum requis était inférieur au cours de Bourse. Résultat, aucun titre (ou presque) n’a été apporté et aujourd’hui, Porsche peut acheter des titres comme bon lui semble sans avoir à lancer d’offre.
Désormais, Ferdinand Piëch va prendre un peu ses distances en quittant le comité exécutif du conseil de Porsche. Mais c’est un autre membre de la famille, Hans Michel Piëch, qui le remplacera.
Plus d'articles du même thème
-
UniCredit se montre tentée par le marché espagnol de la banque privée
La deuxième banque transalpine pourrait prochainement renforcer sa présence en Espagne dans ce secteur très convoité par les acteurs internationaux. -
Les ETI souscrivent davantage aux assurances cyber
En 2025, la sinistralité grimpe en flèche avec des ETI quatre fois plus attaquées qu'en 2024. Elles sont également deux fois plus nombreuses à recourir à une assurance cyber. -
3i prend une participation majoritaire dans Nutergia
La stratégie de développement est axée sur la croissance organique et numérique de la cible, spécialisée dans les compléments alimentaires. -
VanEck cote un ETF dédié à l'infrastructure physique qui entoure le développement de l'IA
VanEck cible l'infrastructure physique de l'IA, alors que les dépenses mondiales en data centers devraient dépasser 750 milliards de dollars cette année. -
PFA échoue à exiger de Meta plus de protection des enfants
A l’occasion de l’assemblée générale annuelle de Meta, le fonds de pension danois a déposé une résolution visant à engager le géant de la tech à faire davantage en matière de protection des enfants sur les réseaux sociaux. La résolution n’a pas fait l’unanimité. -
Princeton revient sur le désinvestissement de ses pétrolières et fixe un objectif net zéro à 2046
Le fonds de dotation de l’université américaine Princeton abandonne le désinvestissement volontaire des sociétés pétrolières et gazières cotées adopté en 2022 et se fixe un horizon à 2046 pour atteindre la neutralité carbone de son portefeuille de 36,4 milliards de dollars.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
Contenu de nos partenaires
-
David contre GoliathL'affaire Airbnb versus l'Ile d'Oléron devant le Conseil constitutionnel
Rebondissement ! La Cour de cassation a estimé, jeudi 28 mai, que la QPC portée par le géant de la location touristique Airbnb méritait bien d'être posée aux Sages -
ConcurrenceRoberto Vannacci, le caillou dans la chaussure (de droite) de Giorgia Meloni
Avec son parti, l’ancien général séduit des électeurs déçus par la normalisation de la coalition au pouvoir. La Présidente du Conseil est face à un dilemme explosif : l’embarquer ou le laisser prospérer avant les législatives de 2027 -
Emploi ou retraiteCumul emploi-retraite : pourquoi des députés et DRH dénoncent une réforme contre-productive
Alors qu’elle vise à inciter les seniors à rester en emploi, des opposants de plus en plus nombreux à cette réforme affirment qu’elle produira l’effet inverse