Porsche en passe de monter à plus de 50 % de Volkswagen

Le constructeur de Stuttgart n’aura pas à lancer d’OPA puisque l’an passé, il avait déjà engagé une offre à laquelle n’ont pas répondu les investisseurs
Olivier Decarre

Ferdinand Piëch, homme clé de l’automobile allemande ? Rares sont ceux qui en doutent. Mais pour les plus sceptiques, il vient d’en apporter deux nouvelles preuves. Volkswagen, dont il est le président du conseil de surveillance, va accroître sa part dans Scania, s’imposant comme le pivot de la recomposition de la filière poids lourds en Europe (lire ci-dessus).

Par ailleurs, Porsche, dont il est actionnaire de référence, s’apprête à franchir un pas décisif pour le secteur automobile d’outre-Rhin. Le conseil de surveillance vient de donner son autorisation à une prise de participation majoritaire dans Volkswagen. Certes, c’est le directeur général, Wendelin Wiedeking, qui est mis en avant dans le communiqué ambitionnant de créer « l’une des plus fortes et des plus innovantes alliances automobiles au monde ». Il n’empêche que derrière le mouvement se dessine bien l’empreinte de Ferdinand Piëch. Et comme le dossier Man-Scania, le resserrement des liens entre Porsche et Volkswagen lui aura donné l’occasion de mettre en évidence tout son sens de la tactique.

Lorsque Porsche est monté dans Volkswagen (jusqu’à en obtenir 31 %), il s’est posé en chevalier blanc, surfant sur la crainte ambiante de voir surgir un hedge fund. Mais pour Porsche, l’opération a aussi son intérêt au-delà des considérations financières. Comme le rappelait alors un analyste, « elle permet de sécuriser les accords de coopération » essentiels pour éviter une marginalisation (son 4x4 est développé sur la même base que celui de VW). De fait, si par le passé Porsche était un acteur de niche, son développement dans le 4x4 et bientôt les berlines en fait un concurrent de plus en plus sérieux pour les constructeurs haut de gamme. De quoi les rendre moins enclins à collaborer avec lui.

Certes, Porsche devra encore débourser quelque 10 milliards d’euros pour passer à plus de 50 %. Mais là encore, il a su manœuvrer habilement. L’an passé, il s’est plié à une obligation de lancer une OPA sur VW. Or, le prix minimum requis était inférieur au cours de Bourse. Résultat, aucun titre (ou presque) n’a été apporté et aujourd’hui, Porsche peut acheter des titres comme bon lui semble sans avoir à lancer d’offre.

Désormais, Ferdinand Piëch va prendre un peu ses distances en quittant le comité exécutif du conseil de Porsche. Mais c’est un autre membre de la famille, Hans Michel Piëch, qui le remplacera.

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