« Plusieurs raisons militent pour un maintien du statu quo de la BCE en 2010 »
L’Agefi : La BCE a opté pour une stratégie de sortie progressive et prudente. Un relèvement du «refi» cette année est-il encore possible selon vous ?
Vincent Guenzi : Plusieurs raisons militent pour que la BCE maintienne son statu quo en 2010: l’absence de pressions inflationnistes, l’atonie de la demande de crédits notamment de la part des particuliers en zone euro, la croissance économique faible et même négative dans certains pays en 2010. De plus, le retour à la rigueur budgétaire dans les pays les plus endettés va avoir un impact récessif sur leur activité domestique mais aussi en zone euro. Comme personne ne souhaite le retour de la récession, les seules marges de manœuvre disponibles pour stimuler un peu la croissance sont le maintien des taux d’intérêt à un bas niveau et une dépréciation de l’euro vis-à-vis du dollar et d’autres devises européennes. Même si la BCE engage sa stratégie de sortie de crise en 2010, elle pourrait en revanche être amenée à conserver ses taux inchangés plus longtemps que prévu.
Quels impacts pourraient avoir le retrait des mesures de rachats d’actifs outre-Atlantique sur les taux longs ?
Il me semble que la Fed assure une communication très précise à ce sujet afin de ne pas surprendre les marchés financiers. Or les taux à 10 ans américains se sont orientés à la hausse depuis plus d’un an mais ils oscillent entre 3,50% et 3,75% depuis plusieurs mois. Cette stabilisation, en dépit de l’arrêt programmé de plusieurs mesures de soutien de la Fed, semble montrer que les taux longs seront surtout sensibles à l’évolution de la croissance économique américaine ou à la hausse des fed funds en 2011.
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