« Plusieurs points plaident en faveur d’une remontée du refi vers les 2 % »
L’Agefi : La BCE est-elle entrée dans un véritable cycle de hausse des taux ?
Nicolas Forest : La BCE ne communique jamais ex-ante la naissance d’un cycle monétaire, ce qu’elle a confirmé le 7 avril en annonçant qu’en la matière rien n’était déjà décidé. Pourtant plusieurs points plaident, selon nous, en faveur d’une normalisation monétaire, soit une remontée du taux directeur vers les 2%. Tout d’abord sur le fond, les raisons de la première hausse n’ont pas disparu: la politique actuelle est toujours extrêmement accommodante, l’inflation au-dessus des 2% et les risques d’effet de second tour présents. La hausse d’avril a été aussi l’occasion pour la BCE d’affirmer son indépendance. Indépendance vis à vis des gouvernements dont c’est désormais le rôle d’assurer la pérennité des finances publiques mais aussi indépendance vis-à-vis de la Fed puisqu’elle a remonté ses taux avant la banque centrale américaine pour la première fois de son histoire. Normalisation ne signifie pas pour autant restriction. Il s’agit surtout pour la BCE d’une stratégie de sortie, soit un retour à la normale après des conditions de liquidité extraordinairement accommodantes.
Croyez vous à un relèvement des taux de la Fed d’ici à la fin 2011 ?
Le double mandat de la Fed rend aujourd’hui son action très différente de la BCE. Préoccupée par un chômage proche des 9%, et malgré une inflation à la hausse, la banque centrale américaine ne semble pas prête à remonter ses taux d’ici la fin d’année. Pourtant, comme la BCE, elle pourrait progressivement normaliser sa politique monétaire. La seule fin du quantitative easing et un infléchissement de son discours extrêmement accommodant seraient les premières phases pour envisager une normalisation en 2012. Les créations d’emploi sont la clé de la politique monétaire à venir.
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