Plusieurs fonds de pension se détournent des hedge funds

A l’image de Calpers le mois dernier, certains investisseurs entendent réduire, voire supprimer leur allocation aux fonds d’arbitrage.
Antoine Landrot

La décision prise par Calpers, en septembre, de supprimer sa poche de 4 milliards de dollars consacrée aux hedge funds est-elle un feu de paille, ou l’amorce d’un mouvement menaçant la gestion alternative? Plusieurs homologues ont emboîté le pas du fonds de pension des employés du secteur public californien.

Le 8 octobre dernier, pour la troisième fois en quatre mois, les administrateurs du San Francisco City & County Employees’ Retirement System ont reporté le vote sur la décision de consacrer 15% de ses 20,1 milliards de dollars d’encours aux hedge funds, projet défendu par son responsable des investissements, qui invoque un niveau de rendement à tenir face à la faiblesse persistante des taux d’intérêt.

Au Texas, l’alerte est venue à la fois du Teacher Retirement System of Texas (sixième fonds de pension public américain), qui va réduire d’un point (à 8%) son allocation, et de la caisse de retraite des officiers de police de la capitale Austin. En Pennsylvanie, l’auditeur général a demandé aux équipes qui gèrent les pensions de ses fonctionnaires d’examiner le bien-fondé de l’enveloppe de 7,6 milliards destinée à ces placements.

Le débat ne se limite pas aux Etats-Unis. Outre-Manche, le Railways Pension Scheme veut réduire «significativement» son allocation, tandis que le fonds de BT serait dans le même cas, selon la presse locale.

La renommée de Calpers donne une forte publicité au débat, qui contraste avec une décennie d’investissement dans les gestions alternatives en raison de marchés actions plus instables et de rendements obligataires décevants.

Mais les velléités d’encadrement plus sévères de leurs activités par les autorités américaines et des pratiques – notamment en terme de commissionnement – jugées parfois discutables ont joué contre les hedge funds. En outre, les performances récentes n’ont pas été à la hauteur des espérances: selon le Wilshire Trust Universe Comparison Service, cité par le Wall Street Journal, le rendement des placements des fonds de pension dans les hedge funds a atteint 3,6% entre le 31 mars 2011 et le 31 mars 2014, contre 10,9% dans le private equity, 10,6% dans les actions et 5,7% dans les obligations.

JPMorgan estime que si elle s’amplifiait, cette tendance pourrait nuire à la liquidité du marché et, surtout, aux hedge funds eux-mêmes, dont 40% des 3.000 milliards de dollars d’actifs sont détenus indirectement par des fonds de pension.

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