Pimco espère compenser sa décollecte par la diversité de ses produits
Après la démission surprise de son fondateur, Pimco ne nie pas subir des retraits de capitaux. Vendredi, le jour de l’annonce, le fonds indiciel qui réplique son produit phare Pimco Total Return a accusé 446,5 millions de dollars (354 millions d’euros) de sorties, puis 98 millions lundi, a dévoilé la société de gestion californienne. La décollecte représente 15% des encours de cet ETF, accusé par le gendarme américain de la Bourse d’avoir gonflé ses rendements.
L’ampleur du phénomène sur Pimco Total Return lui-même reste inconnue, mais le plus gros fonds obligataire du monde pourrait perdre jusqu’à deux tiers de ses encours, soit 150 milliards de dollars, selon Kepler Cheuvreux. Il accuse déjà 16 mois consécutifs de décollecte, sur fond de performances décevantes. A ce jour, seuls quelques institutionnels et gestionnaires d’actifs américains ont annoncé leur intention de se passer de ce produit. D’autres, à l’instar du fonds de pension CalPers, se donnent un délai de réflexion. Alors que Pimco gère au total 1.960 milliards de dollars, la société pourrait accuser 10 à 30% de retraits nets de capitaux, estime de son côté le courtier Sanford Bernstein.
«Nos équipes sont sur le pont jour et nuit, depuis ce week-end, pour répondre aux questions de nos clients, déclare à L’Agefi Bill Benz, directeur de la zone Europe Moyen-Orient Afrique (EMEA). Nous pensons que la grande majorité d’entre eux devrait rester à nos côtés, mais nous sommes capables de faire face à des sorties de capitaux en leur offrant une liquidité au jour le jour, comme nous l’avons déjà fait durant la crise de 2008-2009 qui était une situation bien plus difficile.» La zone EMEA concentre environ 300 milliards de dollars d’encours pour les clients tiers (hors Allianz, maison-mère de Pimco).
Morningstar a dégradé hier Pimco Total Return, passé de la catégorie or à bronze. Désormais supervisé par trois gérants, le fonds «entre dans une nouvelle ère faite d’incertitude, mais aussi de nombreuses promesses», juge la société de recherche.
En attendant, le groupe mise sur d’autres expertises aux encours encore faibles. En EMEA, «nous enregistrons une collecte positive avec d’autres fonds obligataires (Income Fund, Euro Income Fund et Capital Securities), assure Bill Benz. Nous voyons aussi de la croissance sur les stratégies crédit, hedge funds, private equity et immobilier distressed (décoté, ndlr)». Pimco est enfin en train de bâtir une équipe actions, dirigée depuis Londres par Virginie Maisonneuve.
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