Pétrole et économie américaine font peser des doutes sur l’automobile

Le secteur a subi un lourd revers vendredi en Bourse alors que le marché américain donne des signes inquiétants de faiblesse
Olivier Decarre

Le secteur automobile entame bien mal 2008. Le DJ Stoxx Auto a fait l’objet de très lourds dégagements vendredi, cédant 5,64 %. C’est des Etats-Unis que sont principalement venues les mauvaises nouvelles. Avec des ventes en repli de 2,9 % en décembre, le marché américain a bouclé 2007 sur une baisse de 2,5 %, marquant en volume sa plus faible performance depuis 1998. De surcroît, entre un baril voisin de 100 dollars et les craintes de récession grandissantes, experts et constructeurs se montrent de plus en plus réservés sur 2008. Un sentiment que ne sont pas venus arranger les chiffres de l’emploi vendredi après-midi.

« Je suppose que 2008 va être dans l’ensemble semblable à 2007 », a ainsi lancé Rick Wagoner le patron de GM tandis que chez Ford on entrevoit « des vents contraires ». Même Toyota a du se résoudre à modérer ses ambitions. Il a ramené pour 2008 la prévision de croissance de ses propres ventes aux Etats-Unis de 3 % à une fourchette de 1 à 2 %.

Au total, « le marché américain devrait selon nous être orienté à la baisse en 2008, avec un niveau compris entre 15,5 et 16 millions d’unités », résume une note de CM-CIC. En toute logique, les constructeurs et équipementiers les plus exposés aux Etats-Unis ont fait les frais de ces réserves, de BMW (- 2,83 %) à Daimler (- 5,95 %) en passant par Porsche (- 7,54 %) et Michelin (- 6,44 %). Mais ceux qui restent a priori protégés ont également été emportés dans la tourmente, comme PSA (- 6,79 %) et Fiat (- 6,89 %). Il est vrai qu’un tassement de l’économie américaine pourrait peser sur des zones où ces groupes sont présents. Sans compter que le renchérissement du pétrole risque d’affecter la demande partout dans le monde, voire d’impacter la rentabilité des constructeurs.

Renault n’a pas non plus échappé à la déroute (- 7,58 %). Principalement en raison de son implication dans Nissan, qui a dévissé de 9,2 % à Tokyo. Les ventes du japonais outre-Atlantique ont aussi connu un coup d’arrêt en décembre avec une baisse de 2,4 % et même de 3,5 % dans la division haut de gamme Infinity. De quoi inquiéter quant à la tendance à venir et l’impact sur la rentabilité sachant que le groupe réalise plus de la moitié de son opérationnel aux Etats-Unis. « Les ventes n’ont progressé que de 4,4 % depuis le début de l’année fiscale (depuis avril, ndlr) alors que le groupe vise une hausse de 6,3 % aux Etats-Unis », rappelle CM-CIC.

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