Pékin vise le secteur énergétique sud-américain et les actifs décotés européens

Selon A Capital, les investissements chinois à l’étranger se sont envolés de 50% pour atteindre 21,4 milliards de dollars au premier trimestre
Patrick Aussannaire

Les investissements chinois à l’étranger se sont envolés de plus de 50% pour atteindre quelque 21,4 milliards de dollars au premier trimestre, selon une étude réalisée par la société de capital-investissement A Capital basée à Paris et Pékin et spécialisée dans la prise d’investissements chinois dans des sociétés européennes. Les investissements comprennent les fusions-acquisitions, les investissements «Greenfield» et la construction d’usines ou de magasins.

L’acquisition réalisée en mars par le géant chinois de l’énergie Sinopec de 30% dans Petrogal Brasil, la filiale de la société pétrolière portugaise Galp Energia, pour 5,2 milliards de dollars, est la plus importante opération du trimestre et la plus symbolique.

En effet, ces investissements ont été caractérisés par un intérêt écrasant pour les sociétés spécialisées dans les secteurs de l’énergie et des ressources naturelles, qui ont représenté 92% des investissements totaux réalisés au premier trimestre, contre seulement 24% un an plus tôt. Ils représentent en outre une volonté politique et stratégique de la part de Pékin, 98% des opérations de ce début d’année ayant été réalisés par des sociétés sous tutelle de l’Etat chinois, contre seulement 53% au premier trimestre 2011. Un record.

Pour le moment, 78% des opérations sont caractérisées par des prises de participations minoritaires, sans velléité de contrôle immédiat. «Acheter une participation minoritaire est de plus en plus reconnu comme étant un moyen d’investir dans des actifs de haute qualité qui ne serait sans cela pas à vendre ou en-dehors des moyens des investisseurs chinois» explique le rapport.

L’Amérique latine a pesé à hauteur de 43% des fusions-acquisitions, devant l’Europe qui a concentré 16% des opérations totales et 83% des opérations hors secteur énergétique. «Cela confirme la place de l’Europe comme destination stratégique d’investissement pour les investisseurs chinois» indique le rapport. Et ces chiffres ne prennent pas en compte l’acquisition par Sany Heavy Industry de l’allemand Putzmeister, et de 21% d’EDP-Energias de Portugal par Trois Gorges.

Une tendance confirmée par une étude publiée aujourd’hui par le cabinet de consultant Rhodium Group en partenariat avec CICC et citée par le Financial Times, qui estime que les investissements directs chinois en Europe ont triplé pour atteindre 10 milliards de dollars en 2011. L’étude prévoit qu’ils pourraient monter entre 250 et 500 milliards d’ici 2020.

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