Pékin tente de masquer les risques pesant sur le marché du crédit chinois
Pékin garde la main sur les marchés. Les détenteurs d’obligations de la société chinoise Chaori Solar Energy qui a fait défaut en mars sur une échéance d’intérêts de 89,8 millions de yuans ont bénéficié d’une garantie de remboursement intégral de leurs créances de la part de Great Wall Asset Management, l’une des quatre «bad banks» récemment réactivées par Pékin pour faire face au risque croissant de défauts qui menace le marché du crédit local. Great Wall AM garantira ainsi 788 millions sur un encours d’un milliard de yuans des titres en situation de défaut, ce qui permet d’absorber la décote imposée aux porteurs de dette de Chaori dans le cadre de son plan de restructuration présenté en début de semaine.
Une autre «bad bank» publique, Huarong AM se cachait déjà derrière le sauvetage de «China Credit Equals Gold», le produit de gestion de fortune émis par China Credit Trust et distribué par ICBC.
Chaori s’est engagé à céder une participation majoritaire à un groupe de neuf investisseurs dirigés par Jiangsu Golden Concord qui proposent d’injecter 1,46 milliard de yuans en contrepartie d’une augmentation de capital. La société escompte ainsi émettre 19,9 nouveaux titres pour un paquet de 10 titres détenus. Le plan de restructuration prévoit que sur une valeur totale de 111,64 yuans par titre, Chaori versera 3,06 yuans. Le reliquat de 108,58 yuans par titre devant être traité comme de la dette ordinaire sur laquelle la société remboursera seulement 20% aux porteurs détenant plus de 200.000 yuans, qui activeront ainsi la garantie offerte par Great Wall AM.
Si Chaori est le seul défaut à déplorer à ce jour sur le marché du crédit chinois, le FMI s’inquiète de la détérioration de la capacité des sociétés locales à assurer le service de leur dette. Surtout dans la construction, l’immobilier et le secteur minier où les ratios médians de dette sur Ebit ont atteint 22%, 16% et 14%. Globalement, le poids de la dette des sociétés chinoises est passé de moins de 100% du PIB en 2008 à 141% en 2014.
«Même si les banques semblent prêtes à une hausse des défauts de sociétés, le secteur non bancaire (shadow banking) est plus directement exposé à cause de sa structure de prêts plus risqués et de ses faibles coussins en capitaux», alerte le FMI. L’exposition des trusts, comme les véhicules des collectivités locales, aux secteurs de l’immobilier et des infrastructures, représente 4.000 milliards de yuans, soit un tiers de leurs actifs totaux.
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