Pékin ressuscite ses «bad banks» pour nettoyer le bilan des banques chinoises
Pékin ressort ses vieilles recettes. Huarong Asset Management, une des quatre structures de défaisance créées en 1999 pour assurer la purge des 1.300 milliards de yuans de créances douteuses (NPL) des grandes banques chinoises, se cacherait derrière le sauvetage en début d’année de «China Credit Equals Gold», le produit de gestion de fortune offrant un taux de 10% émis par China Credit Trust et distribué par ICBC, indiquait hier le Financial Times. Quelques jours avant le défaut annoncé, ICBC aurait fait un prêt de 3 milliards à Huarong qui aurait ensuite racheté le produit à 95% de sa valeur initiale.
Le montage avait permis d’assurer le remboursement intégral du capital ainsi qu’une partie des intérêts dus aux investisseurs et de restaurer la confiance dans le système bancaire du pays. Les autorités ont en outre lancé fin juillet un programme pilote prévoyant la création de bad banks locales (Huarong AM, Guohou AM, Cinda AM, Orient AM et Great Wall AM) autorisées à racheter les NPL des provinces de Shanghai, Guangdong, Zhejiang, Anhui et Jiangsu. Ce qui permettra aux banques de bénéficier de meilleures conditions de renégociations sur leurs prêts accordés aux collectivités pour financer des projets d’infrastructures et immobiliers.
Pékin souhaite en outre une plus grande transparence dans la gestion des bad banks. La semaine dernière, Huarong a cédé à cet effet 21% de son capital à un groupe d’investisseurs comprenant Goldman Sachs, Warburg Pincus, le fonds souverain malaisien Khazanah et Fosun pour 14,5 milliards de yuans. Une ouverture de son capital valorisant la société 11,4 milliards de dollars et qui fait suite à une émission d’obligations de 1,5 milliard réalisée il y a un mois. Orient AM a également émis jeudi dernier un milliard de dollars à 10 ans à 5% et Cinda AM 2,8 milliards en mai.
Huarong prévoit de suivre l’exemple tracé par Cinda AM fin 2013, en s’introduisant à la Bourse de Hong Kong. Pourtant, des inquiétudes quant à la qualité de son bilan et la perspective de défauts ont fait plonger le cours de l’action Cinda de 7% jeudi et de 18% depuis le début de l’année. Les cinq plus grandes banques d’Etat ont déprécié et transféré hors de leur bilan 46,91 milliards de yuans de NPL au premier semestre, selon le Wall Street Journal. Un montant plus de deux fois supérieur à celui enregistré un an plus tôt, avec des créances douteuses en hausse de 21% mais un ratio moyen officiel qui reste limité à 1,08%.
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