Pékin réaffirme sa volonté d’avoir une devise déterminée par le marché
Après leur récente intervention destinée à faire baisser la valeur du yuan face au billet vert (-2,8% depuis le début de l’année), les autorités monétaires chinoises sont montées au créneau pour rassurer sur leur ambition de long terme.
A l’occasion d’un forum économique à Pékin, le vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine (PBOC), Yi Gang, a déclaré qu'à l’avenir, le taux de change du yuan «sera toujours plus déterminé par le marché» et que «le rôle décisif [de la PBOC] sur ses parités est appelé à faiblir». Il y a une semaine, la banque centrale a desserré son étau sur le yuan en élargissant le corridor dans lequel il est autorisé à fluctuer chaque jour.
Ces signaux contradictoires renouvellent un flot de critiques aux Etats-Unis. Sherrod Brown, sénateur démocrate et membre de la Commission des Finances du Sénat, a plaidé la semaine dernière en faveur d’un texte bipartisan afin de sanctionner la Chine pour manipulation des changes. Selon des sources proches de la banque centrale chinoise, Pékin justifie son intervention par la nécessité d'écarter les spéculateurs qui misaient sur une hausse continue du yuan.
D’après les analystes de Capital Economics, cités par le Wall Street Journal, la PBOC a acquis 25 milliards de dollars le mois dernier afin d’affaiblir le yuan, laissant intactes ses quelque 3.800 milliards de dollars de réserves de change. S’il se poursuit, le mouvement risque de provoquer des tensions entre les autres économies asiatiques pour dévaluer leurs devises.
Officiellement, la banque centrale chinoise ne place pas le yuan en tête de ses préoccupations. «Notre priorité pour cette année et l’an prochain est de mener à bien la réforme des taux de dépôt des banques», a indiqué Yi Gang. La banque centrale va assouplir son contrôle des taux d’intérêt sur une large gamme de produits obligataires et de dépôts bancaires, a-t-il poursuivi en promettant des «progrès substantiels».
Le gouverneur de la PBOC, Zhou Xiaochuan, avait déjà tracé cette voie le 11 mars en évoquant une libéralisation des taux de dépôt d’ici un ou deux ans. La banque centrale autorise déjà les banques à fixer leurs propres taux pour rémunérer les dépôts mais dans les faits leur liberté est bridée par les nombreux contrôles qu’elles subissent.
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