Pékin progresse vers une plus grande ouverture de ses marchés de capitaux
Pékin accélère l’ouverture de ses marchés de capitaux. Dans le cadre du programme «QFII», la Commission chinoise de régulation des marchés (CSRC) a annoncé que le montant que les investisseurs institutionnels étrangers qualifiés sont autorisés à investir en Chine a été augmenté de 24,55 milliards de dollars actuellement à 80 milliards (61 milliards d’euros). Un pas qui reste modeste: les investissements sous le programme «QFII» ne représentent que 1,1% de la valeur de marché totale des actions de classe A, selon la CSRC. Parallèlement, cette dernière a fait savoir que les gestionnaires d’actifs seront à présent habilités à rapatrier 50 milliards de yuans supplémentaires, soit un total de 70 milliards (8,4 milliards d’euros), pour les investir en renminbi dans le cadre du programme «RQFII».
La licence «RQFII» permet aux gestionnaires d’actifs d’offrir surtout des produits obligataires investis dans des instruments libellés en renminbi «onshore» à Hong Kong, alors que les licences «QFII» classiques sont pour la plupart libellées en euro, en dollar ou en yen, et à 75% en actions chinoises. Le «RQFII» permet ainsi de couvrir le marché obligataire interbancaire qui rassemble 97% des émissions et permet d’accroître la profondeur et la liquidité d’investissement en termes de types d’obligations, d'émetteurs et d'échéances. Le mois dernier, HFT Investment, coentreprise de Haitong Securities et BNP Paribas IP, a été autorisée à collecter 1,1 milliard de renminbis pour son premier fonds commun de placement en devise chinoise dans le cadre de «RQFII».
La Chine cherche à attirer les capitaux étrangers dans un contexte de ralentissement économique qui a entrainé une chute de la Bourse de Shanghai de 24% en 2011. Zhang Xiaoqiang, vice-président de la Commission de réforme et de développement, a évoqué hier une croissance de 8,4% au premier trimestre.
Le premier ministre Wen Jiabao a surpris hier soir en indiquant sa volonté d’instaurer une concurrence accrue dans le système bancaire chinois. «Permettez-moi d’être franc. Nos banques font des profits trop facilement. Pourquoi? Parce qu’un petit nombre de grosses banques détiennent un monopole». Et d’ajouter que «pour casser ce monopole, nous devons laisser les capitaux privés entrer dans le système financier». A elles seules, ICBC, Bank of China, AgBank et CCB ont dégagé 632,21 milliards de yuans de résultat net en 2011 et pèsent 55% des prêts accordés par l’ensemble des banques chinoises.
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