Pékin poursuit son offensive diplomatique en matière de finance
Les institutions financières internationales sont l’un des terrains où se joue la lutte d’influence des grandes puissances. Pékin l’a bien compris, qui a annoncé la création en octobre de l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) avec vingt autres pays. La Chine a réussi la semaine dernière une belle prise: faire adhérer le Royaume-Uni en tant que membre fondateur. George Osborne, le ministre des finances britannique, en a fait l’annonce le 12 mars. Il y voit «une occasion inégalée pour le Royaume-Uni et l’Asie d’investir et de croître ensemble».
L’adhésion pourrait se concrétiser d’ici à la fin du mois, une réunion étant prévue avec les autres membres fondateurs au sujet de la gouvernance de l’institution. Celle-ci doit être dotée de 50 milliards de dollars, dont la moitié par la Chine. Cette banque multilatérale, qui doit démarrer ses activités cette année, sera uniquement dédiée aux infrastructures, alors que les banques de développement comme l’Asian Development Bank et la Banque mondiale ont un champ d’intervention plus large. Un argument que Pékin met en avant pour convaincre de la pureté de ses intentions. Pas moins de 27 pays se sont déclarés pour en devenir fondateurs.
Les Etats-Unis, qui dominent les institutions issues de Bretton Woods telles que le FMI et la Banque mondiale, ne voient pas d’un bon œil ces projets. Un responsable de la Maison Blanche a critiqué, dans les colonnes du Financial Times, l’attitude trop accommodante de son traditionnel allié britannique à l’égard de Pékin, «ce qui n’est pas la meilleure manière de se lier avec une puissance montante». En octobre dernier, le secrétaire d’Etat John Kerry aurait demandé personnellement au Premier ministre australien Tony Abbott de ne pas assister à la cérémonie de lancement de l’AIIB.
Officiellement, la crainte est qu’un prêteur multilatéral dominé par la Chine ne respecte pas les standards sociaux ou environnementaux. Washington a surtout peur que Pékin ait un droit de veto sur les décisions de la banque et en fasse l’instrument de sa politique étrangère.
Un domaine où la Chine ne se contente pas de l’AIIB: elle a aussi poussé à la création d’une banque des «Brics» l’an dernier, et compte lancer fin 2015 son propre système de règlement des échanges internationaux (CIPS), qui concurrencerait Swift.
Plus d'articles du même thème
-
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
La justice américaine abandonne les poursuites contre Jerome Powell
Cette décision devrait ouvrir la voie à la nomination de Kevin Warsh en tant que prochain président de la banque centrale américaine. -
Argan verdit son financement
La foncière cotée a émis une obligation de 500 millions d’euros assortie d’un coupon proche de 3,8 % et conforme à son tout nouveau cadre de financement vert. -
La start-up canadienne d'IA Cohere rachète l'allemande Aleph Alpha
Cette acquisition, annoncée vendredi 24 avril par les ministres allemand et canadien du numérique, est destinée à donner naissance à une entreprise visant à créer des systèmes d’IA «souverains», alternatifs à OpenAI et consorts. -
Le signal positif de Seb est reçu cinq sur cinq par les investisseurs
Après deux avertissements sur résultats en 2025, le spécialiste du petit électroménager domestique entame 2026 sur une note positive avec des ventes rassurantes au premier trimestre -
PARTENARIAT« Pour les banques, les nouveaux systèmes cloud vont répondre aux nouvelles exigences de marché »
Entretien avec Camille de Mari, Directeur Issuing Data Solutions de Visa, pour la France, la Belgique et le Luxembourg.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Axiom AI doit parer aux aléas de toute fusion
Contenu de nos partenaires
-
Milan : Le Salone del Mobile, nouvelle scène stratégique du luxe
Pendant plus de soixante ans, Milan appartenait aux éditeurs italiens. Une scène maîtrisée, codifiée, où B&B Italia, Cassina ou Poltrona Frau dictaient le tempo du design mondial. Cette époque n’a pas disparu — elle s’est diluée. Car désormais, ce sont les maisons de luxe qui occupent le terrain, transformant la Milan Design Week en une extension de leur territoire symbolique. -
G7 environnement Paris : pourquoi le climat a été écarté pour obtenir un accord avec les Etats-Unis
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, experte de la diplomatie climatique, salue des « résultats exceptionnels » après avoir essuyé des critiques sur sa méthode pragmatique -
Blame gameMidterms : Donald Trump et le Parti républicain en eaux troubles
En pleine préparation des midterms, les républicains affrontent une accumulation de mauvaises nouvelles : défaite en Virginie dans la guerre du redécoupage électoral, inflation en hausse et impopularité croissante de Donald Trump