Pékin poursuit ses efforts d’internationalisation du renminbi

La Chine a accordé au Japon un quota lui permettant d’acheter jusqu'à 65 milliards de yuans (7,8 milliards d’euros) d’obligations d’Etat chinoises
Patrick Aussannaire

Pékin tisse sa toile pour l’internationalisation du yuan. Dans le cadre de l’accord financier négocié en décembre dernier, la Chine a accordé au Japon un quota d’investissement lui permettant d’acheter jusqu'à 65 milliards de yuans (7,8 milliards d’euros) d’obligations d’Etat chinoises.

C’est la première fois que la Chine accorde un tel quota à un pays, alors que moins de 13% des échanges chinois avec ses partenaires asiatiques se font en yuan. Une proportion qui pourrait grimper à 50% d’ici à 2015, selon HSBC. La Chine a ravi aux Etats-Unis la place de première destination des exportations japonaises, sud-coréennes, taïwanaises, malaisiennes, thaïlandaises et philippines, et enregistre des déficits commerciaux vis-à-vis de ses partenaires asiatiques, accentuant l’offre de renminbi (RMB) en cas de règlement du commerce dans la devise.

Et les projets se multiplient. China Development Bank devrait signer un accord avec ses partenaires brésilien, russe, indien et sud-africain destiné à assurer des prêts multilatéraux libellés dans leurs monnaies respectives plutôt qu’en billet vert.

En outre, à l’image de Londres et Singapour qui ont exprimé leur volonté de développer leur rôle dans les échanges en yuan, Dubaï serait prêt à accepter les règlements en devise chinoise.

«Dans un premier temps le renminbi a entamé à grande vitesse son internationalisation par le règlement du commerce extérieur en RMB et la création d’un marché offshore à Hong Kong» rappelle Natixis. Selon Dealogic, depuis le début de l’année, les émissions d’obligations corporates en yuans à Hong Kong (dim sum bonds) ont atteint 1,7 milliard de dollars après 14 milliards en 2011 et 5,4 milliards en 2010.

Néanmoins, le chemin reste semé d’obstacles. Les échanges en renminbi sont majoritairement utilisés par les importateurs. En 2011, 13% des importations et seulement 5% des exportations chinoises étaient libellées en yuan. De plus, comme l’indique Natixis, «le processus d’internationalisation se voit freiné en raison de la non-convertibilité de cette monnaie et de l’absence d’un marché financier en RMB profond».

Les déclarations du Premier ministre, Wen Jiabao, indiquant que le pays compte accélérer les réformes de son système monétaire et autoriser le yuan à flotter plus librement, ainsi que l’extension du programme «QFII», actuellement limité à 130 institutions et 24,55 milliards de dollars, seront les clés du succès de Pékin. Le yuan est stable cette année après une hausse de 4,7% en 2011.

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