Pékin officialise le recentrage de sa politique de croissance vers la demande intérieure

Lors de la session annuelle du Congrès du peuple, le Premier ministre a abaissé sa prévision de croissance pour 2012 sous le seuil symbolique des 8%
Patrick Aussannaire

Est-ce la fin d’un cycle pour l’économie chinoise? Ce matin, le Premier ministre Wen Jiabao a envoyé un signal fort lors de l’ouverture de la session annuelle du Congrès du peuple en abaissant sa prévision de croissance à 7,5% pour 2012 sous le seuil symbolique des 8% qui a été sa cible durant les huit dernières années. Dans une logique de recentrage de la croissance vers la demande intérieure, Wen Jiabao a indiqué cibler un yuan «stable» et entend ajuster «vigoureusement la distribution des richesses, accroître les revenus des couches à faibles et moyens revenus, et stimuler la capacité de consommation des ménages». Les indices PMI d’activité dans le secteur des services a envoyé des signes contradictoires avec une chute de l’indice officiel de 52,9 à 48,4 points en février, et une hausse de l’indice HSBC de 52,5 à 53,9 points.

Dans le même temps, la Chine prévoit de réduire son déficit budgétaire de 50 milliards à 800 milliards de yuans, soit 1,5% du PIB, avec un contrôle plus strict de la dette des collectivités locales qui a atteint 10.700 milliards fin 2010. Le ministre des finances compte émettre 250 milliards pour «assainir» les finances locales, alors que 70% de leurs échéances tombent avant 2015.

Wen Jiabao a réitéré sa volonté de maintenir une politique fiscale «proactive» et une politique monétaire «prudente», avec un objectif de croissance de la masse monétaire M2 de 14% pour une inflation cible de 4%. Natixis estime que la baisse du ratio de réserves obligatoires «vise à maintenir les conditions monétaires constantes plutôt qu’à les assouplir significativement». La banque ICBC a prêté pour 165,5 milliards de yuans (19,9 milliards d’euros) en janvier et février, une croissance de 15 milliards (+10%) sur un an sur un total de 20 milliards supplémentaires pour les quatre principales banques.

Natixis privilégie une relance «par l’utilisation de la politique budgétaire accompagnée de « fine-tuning » monétaire, consistant à assurer un montant similaire de crédit à distribuer dans l’économie tout en les orientant vers les secteurs en ayant le plus besoin, à savoir les PME», plutôt que d’assouplir les conditions de liquidité, source potentielle d’un réveil de l’inflation. La PBOC prévoit, selon la Société Générale, d’émettre ce mois-ci ses premiers titres à court terme en 2012 afin de lutter contre les risques inflationnistes, alors qu’elle doit faire face à 254 milliards de tombées en mars.

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