Pékin garde des munitions pour préserver un atterissage en douceur de son économie
La Chine plie mais ne rompt pas. L’indice PMI du secteur manufacturier chinois est resté solidement ancré au-dessus du seuil de contraction au mois de janvier à 50,5 points, après 50,3 en décembre, selon les données officielles publiées ce matin. Une bonne surprise puisque le consensus des économistes interrogés par Bloomberg prévoyait un retour sous le seuil de contraction de l’activité, à 49,6 points. Si le sous-indice de production a légèrement progressé à 53,6 points et que les nouvelles commandes sont repassées en territoire positif à 50,4 points (après 49,8 en décembre), les nouvelles commandes à l’exportation se sont enfoncées de 1,7 point à 46,9 et les commandes en attente de 3,4 points à 43,2, indiquant un ralentissement de la demande extérieure. La baisse des importations de 49,1 à 46,9 points devrait néanmoins compenser cet effet sur le commerce extérieur.
Dans le même temps, le prix de l’immobilier a poursuivi sa baisse. Selon SouFun, le plus important agent immobilier du pays, le prix de l’immobilier résidentiel a baissé de 0,18% en moyenne en janvier, et dans 60 des 100 villes passées au crible. Une baisse en ligne avec la volonté de Pékin, qui poursuit parallèlement son programme de logements sociaux.
Pour le moment, la banque populaire de Chine (PBOC) s’est contentée d’injecter des liquidités à court terme dans le marché, mais n’a pas utilisé une nouvelle fois l’arme de la baisse du ratio des réserves obligatoires. La banque centrale a ainsi injecté un record de quelque 477 milliards de yuans du 1er au 19 janvier. «La PBOC pourrait vouloir une baisse du taux repo vers les 3% pour s’assurer qu’il y a assez de liquidités pour soutenir la croissance. Elle ne peut faire cela en baissant le ratio des réserves obligatoires» explique Frances Cheung, stratégiste chez Crédit Agricole CIB. De plus, la hausse du sous-indice manufacturier mesurant le prix des biens importés de 47,1 en décembre à 50 points en janvier semble indiquer que les pressions inflationnistes sont encore vives.
Dans un rapport publié aujourd’hui, Ernst & Young prévoit un ralentissement de la croissance du PIB chinois à 8,1% cette année, après 9,2% en 2011. Un trou d’air temporaire, puisque le cabinet d’audit s’attend à un rebond de plus de 9% dès 2013. «Nous devrions voir un changement significatif de la politique monétaire et fiscale si la croissance connaissait un ralentissement trop important» précise ainsi Ernst & Young.
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