Pékin avance à pas mesurés sur le chemin d’un yuan plus flexible

L'élargissement de la bande de fluctuation du yuan à 2% ne remet pas en cause la mainmise de la PBOC sur le sens de fixation quotidienne de sa parité
Patrick Aussannaire

Si l’élargissement de la bande de fluctuation du yuan figurait au menu des réformes annoncées lors du Congrès National du Peuple, la rapidité de sa mise en œuvre a surpris les marchés. La PBOC a opté pour un doublement de l’écart autorisé à 2% autour du taux de référence fixé quotidiennement contre dollar, institutionnalisant ainsi «une volatilité à double sens» de la devise chinoise. Le fait que la banque centrale «n’ait pas voulu perdre de temps semble indiquer que la dépréciation du yuan est certainement perçue comme un succès pour décourager les entrées spéculatives de capitaux de court terme», selon SG CIB.

Théoriquement, le yuan peut ainsi désormais afficher des écarts de 4% en séance. Or, «les devises des économies du G10 et la plupart des devises émergentes ont toutes une volatilité quotidienne plus faible», rappelle SG CIB. Hier, le taux de change reculait de 0,5% sur le marché «onshore» de Shanghai pour tomber à 6,1775 contre dollar, et à 6,1623 sur le marché «offshore» de Hong Kong, à leurs plus bas depuis avril et mai 2013.

Barclays table désormais sur une très légère dépréciation du yuan sur 2014, à 6,0543 en fin d’année. Un niveau qui constitue néanmoins une appréciation de 2% par rapport aux niveaux actuels, après la nette dépréciation enregistrée depuis le début de l’année, considérée comme «préparation» de la PBOC à l’élargissement de la bande, selon Frances Cheung, stratégiste chez CA CIB.

En outre, dans la mesure où la PBOC a toute latitude dans la fixation du taux de change, «cet élargissement ne signifie pas que le gouvernement relâche son contrôle sur le sens d’évolution de la devise», rappelle la société de gestion GaveKal. Malgré les deux précédents élargissements de la bande de fluctuation du yuan en mai 2007 et avril 2012, les réserves de change chinoises ont progressé à un rythme de près de 2.000 milliards de dollars entre juin 2007 et mars 2012, et de 500 milliards supplémentaires depuis.

Dans ce contexte, SG CIB estime que la prochaine étape, si la PBOC souhaite une devise dont la valeur soit davantage déterminée par les marchés, est d’écarter le rythme de fixation du taux de référence à une périodicité hebdomadaire ou mensuelle. «Ou au moins, la trajectoire de fixation quotidienne devrait être moins directionnelle». Dans son communiqué, la PBOC a ouvert une porte en introduisant pour la première fois l’idée d’une «gestion du yuan contre un panier de devises».

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