Paris et Rome plaident pour une union bancaire
Le premier rendez-vous européen du nouveau président français devait être consacré principalement à la préparation d’un pacte pour la croissance censé voir le jour à l’occasion du sommet des 27 et 28 juin. Il aura été dominé par les différends entre pays européens sur les eurobonds que François Hollande avait tenu à mettre sur l’agenda, la situation en Grèce et les moyens de circonscrire la crise bancaire qui refait surface. Le président français a assuré n'être « informé d’aucune simulation » sur une sortie d’Athènes de la zone euro.
Opposé à Angela Merkel sur le sujet des eurobonds, le président français s’est dit très proche du Premier ministre italien. «Sur beaucoup de points nous nous sommes retrouvés avec Mario Monti», a indiqué François Hollande. Alors que la situation des banques espagnoles s’aggrave et que les risques de bank run se matérialisent en Grèce et menacent de déstabiliser l’ensemble du secteur en Europe, les dirigeants européens ont abordé hier l’idée, défendue par la Banque centrale européenne et reprise par Mario Monti, d’une «union bancaire». «C’est aussi ma position», a dit hier le président français lors de sa conférence de presse, indiquant les trois piliers sur lesquels reposerait cette initiative: intégration de la supervision, garantie des dépôts et instrument de résolution des crises. Ce projet, discuté entre banquiers centraux depuis plusieurs mois, faisait sa première apparition sur l’agenda politique.
Compte tenu du blocage persistant sur toute forme de mutualisation des dettes souveraines à court terme, il pourrait être un moyen d’éviter le double risque de contagion entre risque bancaire et risque souverain, d’une part, et entre pays de la zone euro. Le sujet sera discuté lors de la rencontre prévue début juin à Rome entre Mario Monti, Angela Merkel, le Premier ministre espagnol Mariono Rajoy et François Hollande.
Au sujet de la Grèce, les dirigeants ont une fois de plus cherché à tempérer les inquiétudes en rappelant, dans un communiqué, leur volonté que «la Grèce (reste) dans la zone euro tout en respectant ses engagements». Le ministre belge des finances Steven Vanackere avait confirmé avant le début de la rencontre que les gouvernements travaillaient sur des scenarios de sortie de la Grèce de l’eurozone. «Tous les plans d’urgence (pour la Grèce) ramènent à la même chose: agir de façon responsable en tant que gouvernement consiste à prévoir même ce que vous voulez éviter», a-t-il déclaré selon Reuters. «Je ne suis informé d’aucune simulation… de ce que pourrait impliquer une sortie de la zone euro», a dit François Hollande à l’issue de la réunion.
Les contours de ce que pourrait être le «pacte», la «stratégie» ou la «perspective» de croissance à finaliser fin juin à Vingt-Sept se précisent. Recapitalisation de la Banque européenne d’investissement et project bonds pour financer des infrastructures «peuvent faire consensus», a dit le président français. Mais sur les eurobonds qu’il entend promouvoir en relation avec cet agenda de croissance, le nouveau venu du Conseil européen a fait chou blanc face à Berlin. «Il y a de la part de l’Allemagne l’idée que les eurobonds ne peuvent être qu’un point d’aboutissement alors que nous considérons que ce doit être un point de départ», a-t-il concédé.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%. -
Wall Street prospecte le filon des activités que l'IA ne pourra pas remplacer
Casinos, complexes de loisirs : outre-Atlantique, un nombre croissant d'investisseurs s'entiche du "location based entertainment", ces loisirs et expériences physiques ancrés dans un lieu précis. -
PARTENARIATAccalmie géopolitique : pourquoi les métaux stratégiques restent sous pression
Ormuz rouvre, mais le déficit d'aluminium et les goulets d'extraction persistent. Quel impact sur les portefeuilles -
PARTENARIATLes trois leviers structurels qui maintiennent les marchés mondiaux de l'énergie en équilibre
Entre choc et résilience, la crise au Moyen-Orient offre l’opportunité d’analyser comment les marchés énergétiques s'adaptent grâce à des mécanismes structurels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
Où se rafraîchir à Paris et ses alentours ? Notre sélection de piscines
Du padel flottant sur le lac de l'Abbaye des Vaux-de-Cernay à la piscine confidentielle du Shangri-La Paris, en passant par "La Piscine" éphémère du Hoxton dans le Sentier, la rédaction a recensé quelques adresses qui ouvrent leurs bassins à la journée pour échapper aux pics de chaleur estivaux. -
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale