Paris et Rome plaident pour une union bancaire

Le sommet européen à Bruxelles hier a été dominé par les eurobonds, la Grèce et la crise bancaire
Florence Autret, à Bruxelles
François Hollande le 18 mai 2012. Photo: Witt pool REA
François Hollande le 18 mai 2012. Photo: Witt pool REA  - 

Le premier rendez-vous européen du nouveau président français devait être consacré principalement à la préparation d’un pacte pour la croissance censé voir le jour à l’occasion du sommet des 27 et 28 juin. Il aura été dominé par les différends entre pays européens sur les eurobonds que François Hollande avait tenu à mettre sur l’agenda, la situation en Grèce et les moyens de circonscrire la crise bancaire qui refait surface. Le président français a assuré n'être « informé d’aucune simulation » sur une sortie d’Athènes de la zone euro.

Opposé à Angela Merkel sur le sujet des eurobonds, le président français s’est dit très proche du Premier ministre italien. «Sur beaucoup de points nous nous sommes retrouvés avec Mario Monti», a indiqué François Hollande. Alors que la situation des banques espagnoles s’aggrave et que les risques de bank run se matérialisent en Grèce et menacent de déstabiliser l’ensemble du secteur en Europe, les dirigeants européens ont abordé hier l’idée, défendue par la Banque centrale européenne et reprise par Mario Monti, d’une «union bancaire». «C’est aussi ma position», a dit hier le président français lors de sa conférence de presse, indiquant les trois piliers sur lesquels reposerait cette initiative: intégration de la supervision, garantie des dépôts et instrument de résolution des crises. Ce projet, discuté entre banquiers centraux depuis plusieurs mois, faisait sa première apparition sur l’agenda politique.

Compte tenu du blocage persistant sur toute forme de mutualisation des dettes souveraines à court terme, il pourrait être un moyen d’éviter le double risque de contagion entre risque bancaire et risque souverain, d’une part, et entre pays de la zone euro. Le sujet sera discuté lors de la rencontre prévue début juin à Rome entre Mario Monti, Angela Merkel, le Premier ministre espagnol Mariono Rajoy et François Hollande.

Au sujet de la Grèce, les dirigeants ont une fois de plus cherché à tempérer les inquiétudes en rappelant, dans un communiqué, leur volonté que «la Grèce (reste) dans la zone euro tout en respectant ses engagements». Le ministre belge des finances Steven Vanackere avait confirmé avant le début de la rencontre que les gouvernements travaillaient sur des scenarios de sortie de la Grèce de l’eurozone. «Tous les plans d’urgence (pour la Grèce) ramènent à la même chose: agir de façon responsable en tant que gouvernement consiste à prévoir même ce que vous voulez éviter», a-t-il déclaré selon Reuters. «Je ne suis informé d’aucune simulation… de ce que pourrait impliquer une sortie de la zone euro», a dit François Hollande à l’issue de la réunion.

Les contours de ce que pourrait être le «pacte», la «stratégie» ou la «perspective» de croissance à finaliser fin juin à Vingt-Sept se précisent. Recapitalisation de la Banque européenne d’investissement et project bonds pour financer des infrastructures «peuvent faire consensus», a dit le président français. Mais sur les eurobonds qu’il entend promouvoir en relation avec cet agenda de croissance, le nouveau venu du Conseil européen a fait chou blanc face à Berlin. «Il y a de la part de l’Allemagne l’idée que les eurobonds ne peuvent être qu’un point d’aboutissement alors que nous considérons que ce doit être un point de départ», a-t-il concédé.

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