Paris et Pékin facilitent les investissements financiers français en Chine
La Place de Paris veut profiter de l’internationalisation de la devise chinoise alors que la City s’est d’ores et déjà imposée comme une place majeure d'échanges en renminbi (RMB). Les autorités chinoises et françaises ont officialisé hier des accords qui faciliteront notamment les investissements français en RMB.
Les investisseurs français ont obtenu, comme les Britanniques en octobre dernier, un quota d’investissement en Chine de 80 milliards de RMB. Ils pouvaient déjà investir sur le continent chinois mais seulement en actions et en utilisant des dollars. Avec le programme RMB Qualified Foreign Institutional Investors (QFII), ils pourront investir en monnaie chinoise en actions et en obligations, notamment souveraines. «C’est très important car c’est pour beaucoup d’investisseurs le premier pas naturel pour investir», souligne Véronique Ormezanno, qui représente BNP Paribas dans les groupes de Place sur le RMB.
«On envisage de créer des fonds de droit français qui seront investis en RMB et qui donneront accès à nos clients français, institutionnels mais aussi de banque privée ou de banque de détail, à des produits d’investissements chinois», explique-t-elle. Chaque institution devra négocier un accord avec les autorités pour pouvoir effectivement bénéficier du quota.
L’association Paris Europlace, la Banque de France et les institutions financières travaillent par ailleurs à la mise en place d’un système de compensation-règlement du RMB offshore à Paris. Certains établissements peuvent déjà offrir ces services à travers leurs filiales basées en Asie et notamment à Hong Kong mais la création d’un système dans l’Hexagone permettrait de drainer les opérations de banques plus petites et d’offrir davantage de liquidité et de sécurité, notamment quand les places asiatiques sont fermées.
Le gouvernement britannique a annoncé hier la signature d’un protocole d’accord avec Pékin d’ici fin mars avec les autorités chinoises pour créer un système équivalent à Londres, mais Paris compte bien avoir sa part du gâteau «Il s’agit de bâtir une plate-forme qui attire effectivement les volumes de transactions européens», assure Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace. Il souligne que le futur service doit aussi bénéficier aux investisseurs des marchés africains.
Au-delà de la signature d’accords bilatéraux, «il faut démystifier cette devise qui reste encore mal connue par les entreprises», conclut Véronique Ormezzano.
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