Pardus accroît son exposition à Valeo, sans toutefois monter au capital
Le fonds d’investissement américain a pris des « cash settled options » portant sur approximativement 10 % du capital de l'équipementier
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Bruno de Roulhac
Pour couper court à toute rumeur de difficultés financières à la suite de la crise des subprimes et de sortie partielle ou totale de Valeo, Pardus vient de réaffirmer son intérêt pour l’équipementier automobile.
Le fonds d’investissement américain, premier actionnaire de Valeo avec 19,7 % du capital, a décidé de renforcer son « exposition économique », « convaincu du potentiel de l’entreprise et considérant le cours de Bourse actuel de l’action ». Une bonne nouvelle pour l’action Valeo. Mais surtout pour Pardus. Alors que le titre Valeo évolue autour de 25 euros, proche de ses plus bas historiques, le fonds pourrait ainsi réduire ses pertes. « Pardus est déjà en perte de 25 % sur son investissement dans Valeo », confie un analyste. Sans compter qu’au niveau actuel, « d’autres actionnaires activistes, tel Guy Wyser-Pratte, pourraient monter au capital », ajoute un expert.
Plutôt que d’accroître sa participation au capital, Pardus a choisi « des options dont le règlement ne peut intervenir qu’en numéraire (cash settled options) portant sur approximativement 10 % du capital de Valeo ». Un choix qui laisse croire à un manque de capacité de financement de Pardus, même s’il devra payer un coût pour l’opération. « Ces options, conclues avec Morgan Stanley, ne donnent à Pardus aucun droit sur les titres sous-jacents », précise Pardus. Morgan Stanley a franchi en hausse le 19 décembre dernier le seuil de 10 % du capital de Valeo et détient 11,11 % du capital et 10,90 % des droits de vote. La banque américaine a déclaré ne pas avoir l’intention d’acquérir le contrôle de Valeo, ni même d’obtenir une représentation au conseil.
« Si jamais le titre Valeo continuait à baisser, le coût serait élevé pour Pardus, avec un risque de cessions de blocs d’actions, entrainant la chute du titre Valeo, échafaude un analyste. En cas contraire, Pardus pourrait racheter les titres à Morgan Stanley avant l’AG ». D’ailleurs, « plus on va se rapprocher de l’assemblée générale de Valeo en mai prochain, plus on va entendre parler de Pardus », anticipe un expert. De fait, l’an dernier, le fonds d’investissement s’était vu refuser les huit sièges demandés. En novembre dernier, il était reparti à l’attaque en demandant un siège au conseil et une réunion sur les orientations stratégiques de l’équipementier.
Si Pardus assure réitérer ainsi sa confiance dans Valeo, ce dernier se refuse à tout commentaire.
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