Oxiana et Zinifex vont s’unir pour former le numéro deux mondial du zinc

Le nouveau groupe occupera le cinquième rang mondial de la production minière avec une capitalisation de 11,6 milliards de dollars australiens
Alexandre Boksenbaum

«Il n’y a eu aucune hésitation» a déclaré Andrew Michelmore, l’actuel PDG de Zinifex. Pourtant cela faisait des mois que la rumeur courrait. Oxiana et Zinifex, qui étaient tous deux considérés à la fois comme des proies et des prédateurs, ont donc fini par annoncer qu’ils allaient fusionner. Il s’agit d’une fusion à 50/50 entre les deux groupes, même si l’offre est à l’origine d’Oxiana. Ce dernier a ainsi proposé 3,1931 de ses actions par titre Zinifex, valorisant sa cible à quelque 6,2 milliards de dollars australiens au total.

La prime proposée est ainsi de 14%. La transaction valorise Zinifex 2,76 fois son EBIT, que l’on peut comparer aux 13,6 fois de l’offre de BHP Billiton sur Rio Tinto et aux 13,7 fois payés par Rio Tinto pour racheter Alcan. Cette opération, soutenue par les deux conseils d’administration, reste toutefois soumise à l’accord des actionnaires de Zinifex, qui vont se rassembler en mai-juin 2008, et à celui des autorités de régulation et de la libre concurrence. La nouvelle entité, qui n’a pas encore trouvé son nouveau nom, pèsera 11,6 milliards de dollars australiens et sera dirigée par l’actuel PDG de Zinifex, Andrew Micelmore, considéré comme ayant le plus d’expérience dans le secteur minier et à l’international. Le dirigeant d’Oxiana, Owen Hegarty, conservera pour sa part son poste. En 2007, les deux sociétés combinées ont réalisé un chiffre d’affaires de 8,8 milliards de dollars australiens, pour un bénéfice net de 918 millions. Andrew Micelmore aura notamment pour mission de trouver de nouveaux projets d’acquisition qu’il pourra financer avec les 2,5 milliards de dollars australiens de liquidités du nouveau groupe.

Les observateurs qui attendaient cela depuis longtemps ne se montrent donc pas surpris et trouvent l’opération plutôt logique. L’opération «a du sens et cela va leur donner une position très forte pour réaliser de futures acquisitions» admet d’ailleurs Don WIliams, gérant chez Platypus Asset Management. Pour Tim Schroeder de Pengana Capital, «C’est tout à fait opportuniste. […] La diversification leur offre une perspective plus forte» même s’il juge la prime un peu «chère». Tim Barker, gérant de fonds, se concentre sur la bonne qualité des cash flows et la force du bilan des deux sociétés. Selon lui, «cela les place dans une bonne position pour acheter de nouveaux actifs», tout en soulignant que la transaction va «légèrement» favoriser les actionnaires de Zinifex.

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