Olli Rehn souhaite calmer les tensions sur la dette irlandaise

En visite dans le pays, le commissaire européen à l’Economie et aux Affaires monétaires a indiqué qu’aucune aide de l’Union européenne n’est envisagée
Patrick Aussannaire

Olli Rehn ne sera pas le Nostradamus de l’Irlande. Le commissaire européen à l’Economie et aux Affaires monétaires a souhaité rassurer les marchés, très tendus depuis hier, sur la situation budgétaire du pays, en précisant qu’aucune aide d’urgence de l’Union européenne à l’Irlande n’avait été évoquée.

L’engagement pris la semaine dernière de procéder à un tour de vis budgétaire de 6 milliards d’euros l’an prochain dans le cadre d’un plan d’austérité de 15 milliards visant à ramener le déficit budgétaire à 3% d’ici 2014 a été salué très favorablement par Olli Rehn qui a précisé qu'«une fois que le gouvernement aura détaillé les mesures de son plan budgétaire sur quatre ans, les habitants du pays et les marchés y verront plus clair». Il s’agit ainsi de ramener le déficit de 32% du PIB cette année à 9,5% en 2011.

Sa visite de deux jours en terre celtique n’avait pourtant rien d’une promenade touristique. Hier, sous fonds de regain de tension sur les Etats périphériques, l’euro a perdu 0,8% contre le dollar et 0,9% contre le yen à respectivement 1,3923 dollar et 113,07 yens, alors que le spread entre le taux des emprunts d’Etat irlandais à 10 ans et le taux allemand a atteint 550 points de base. La BCE a même été contrainte de reprendre son programme de rachat obligataire, abandonné depuis trois semaines, avec 711 millions d’obligations d’Etat achetées la semaine dernière.

Le niveau du spread traduit la nervosité des marchés sur un possible défaut de l’Irlande, même si le pays n’a aucun besoin immédiat de financement. En cause, une prévision de croissance de 1,75% en 2011 qui semble optimiste, un contexte politique délicat, et les risques sur le portefeuille de crédits immobiliers des banques irlandaises. Le Crédit Agricole indique cependant que Dublin «détient une réserve de liquidités représentant environ 12,5% du PIB, ce qui est colossal. Les investisseurs semblent ignorer l’existence de ces liquidités ou supposent qu’elles seront englouties par le sauvetage des banques».

Alors que le gouvernement irlandais ne dispose plus que d’une majorité de trois sièges à la chambre basse du parlement après la démission surprise la semaine dernière d’un membre du parti du Premier ministre Brian Cowen, Olli Rehn a invité les divers partis politiques à mettre leurs différences de côté pour soutenir les réformes budgétaires.

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