Och-Ziff fait face à la fuite de ses investisseurs
Pénalisé par le désamour des investisseurs pour les hedge funds et par ses problèmes judicaires, Och-Ziff a subi près de 13 milliards de dollars de décollecte.
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Bastien Bouchaud
volatilité sur les marchés
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Les hedge funds gérés par Och-Ziff ont enregistré 4,8 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros) de décollecte au mois de janvier, ce qui porte à près de 13 milliards les retraits subis par la société depuis le début de l’année 2016. Les retraits dans leur majorité ont touché le fonds multi-stratégie, qui affiche une décollecte de 9 milliards de dollars en 2016 malgré une performance de 3,8%, a précisé le gestionnaire new-yorkais dans ses résultats annuels publiés hier. Conséquence de l’hémorragie de capitaux, les actifs sous gestion sont tombés à 33,6 milliards au 1er février, contre 43,7 milliards un an plus tôt. Déjà déclassé en catégorie spéculative, la notation de la dette de la société pourrait à nouveau être abaissée si les retraits devaient continuer et son ratio d’endettement s’élever, a prévenu S&P en janvier dernier.
L’ampleur des retraits s’explique notamment par la tendance récente des investisseurs institutionnels à réévaluer leurs investissements dans des fonds spéculatifs. Les fonds de pension de Rhode Island, du New Jersey et de Goldman Sachs ont ainsi réduit ou abandonné leurs investissements dans Och-Ziff. Au-delà de ces tendances qui touchent l’ensemble du secteur, Och-Ziff a également fait face l’an passé à la conclusion d’une enquête pour corruption qui a mis en cause l’intégrité de son fondateur, Dan Och.
«Nous avons connu une année difficile», a-t-il reconnu lors d’une conférence téléphonique. «L’enquête et l’accord qui en a résulté ont de toute évidence eu un impact sur les retraits, mais nous pensons que le pire trimestre est derrière nous. Cela ne signifie pas que n’enregistrerons pas de décollecte supplémentaire, mais le ton des conversations que nous avons avec les investisseurs a changé pour le mieux au cours des derniers mois. Les investisseurs sont satisfaits de notre performance récente et du fait que l’enquête soit derrière nous.»
Och-Ziff est en effet parvenu à enregistrer un bénéfice distribuable de 7,5 millions au dernier trimestre 2016, soit 1 cent par action, contre une perte de 36,1 millions, ou 7 cents par action, en 2015. Ces meilleurs résultats en fin d’année tiennent à une réduction de 15% des dépenses totales. Sur l’ensemble de 2016, les pertes atteignent toutefois 121,3 millions contre un profit de 251,9 millions en 2015, le poids des plus de 400 millions d’amendes imposées l’an dernier ayant pesé sur ces résultats. Alors que le titre Och-Ziff a déjà vu sa valeur être divisée par deux en 2015 et en 2016, il clôturait hier en baisse de 11% à 3,23 dollars.
Le hedge fund Elliott Investment Management, dirigé par Paul Singer, a enregistré une société dans les îles Anglo-Normandes, selon Financial News. Cette implantation place Elliott dans la lignée de nombreux autres grands hedge funds qui ont choisi ces dernières années de s'établir à Jersey, attirés par une fiscalité avantageuse, ainsi que par un cadre réglementaire reconnu à l’international et une stabilité politique appréciée par le secteur.
La Securities and Exchange Commission (SEC) enquête sur les transactions de Situational Awareness, le hedge fund spécialisé dans l’IA de Leopold Aschenbrenner, qui a essuyé des milliards de dollars de pertes le mois dernier avant de céder l’essentiel de son portefeuille, rapporte le Wall Street Journal. Le régulateur américain a sollicité des informations auprès des banques ayant financé Situational Awareness, selon des personnes proches du dossier.
Citadel a cédé plus de 80% du portefeuille qu’il avait récupéré en rachetant la majorité des paris sur actions de Situational Awareness le mois dernier, après que ce hedge fund spécialisé dans l’IA a failli être emporté par le récent repli des valeurs technologiques.
Le hedge fund de Sir Christopher Hohn a investi 636 millions de dollars dans des prêts à des hôtels ultra-luxueux en Italie, pariant sur une poursuite de la hausse des prix des chambres alors que les touristes fortunés se pressent pour séjourner dans un groupe restreint d'établissements d’exception, rapporte le Financial Times.
Léopold Aschenbrenner était devenu l’une des figures les plus observées de la finance et de l’intelligence artificielle. L’ancien chercheur d’OpenAI a entrainé dans sa chute quelques spéculateurs de Wall Street sur fond d’effet de levier non maitrisé.
Sur le réseau social X, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a assuré que les Français "peuvent continuer à investir, comme aujourd'hui, dans les indices les plus diversifiés".
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