Nyse Euronext va devoir trouver de nouveaux relais de croissance
Retour à la case départ pour la Bourse transatlantique. Le veto de la Commission à la fusion avec Deutsche Börse remet à plat les projets de développement de Nyse Euronext à l’heure où les régulations ouvrent de nouvelles possibilités mais aussi où le modèle des Bourses traditionnelles est remis en cause par le développement d’autres marchés et secoué par la crise.
Après le rejet de Bruxelles, les dirigeants de Nyse Euronext ont annoncé un rachat d’actions de 550 millions de dollars et se sont empressés de défendre leur modèle économique et leur développement dans les dérivés, les activités de post-marché et les services technologiques. Mais ils seront très attendus sur leur stratégie lors de l’annonce de leurs résultats le 10 février.
Car avec la fusion, Nyse Euronext et Deutsche Börse ambitionnaient de faire des synergies à hauteur de 300 millions d’euros, de donner naissance à la première place mondiale pour les levées de capitaux mais surtout de devenir chef de file sur le marché européen des dérivés. Et ce, grâce à la combinaison des activités de Nyse Liffe et d’Eurex, qui leur aurait donné la main sur plus de 90% des échanges sur les dérivés listés en Europe.
Cette nouvelle envergure dans les dérivés devait notamment permettre aux Bourses de compenser les pertes de parts de marché sur les échanges d’actions. Car les plates-formes nées dans le sillage de la directive MIF de 2007 comme Equiduct, Bats et Chi-X les concurrencent durement. En 2011, Bats et Chi-X ont d’ailleurs obtenu l’aval des autorités de concurrence pour fusionner, renforçant encore leur assise face aux Bourses traditionnelles.
En se rapprochant de Deutsche Börse, Nyse Euronext aurait aussi pu bénéficier de son modèle en silo qui intègre ses services de post-marché, Eurex Clearing et Clearstream. Ces services promettent de devenir de plus en plus attractifs alors que les régulations en cours de discussions au niveau international prévoient de pousser davantage les produits dérivés échangés de gré à gré vers des chambres de compensation.
Nyse Euronext, qui a renoncé à monter au capital de la chambre de compensation LCH.Clearnet en 2011 avec Markit, est distancée par le LSE pour saisir cette opportunité (L’Agefi du 31 janvier). A charge maintenant pour la Bourse de rattraper le temps perdu avec cette vaine année de négociations avec Bruxelles.
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