Nyse Euronext s’inquiète de la nouvelle catégorie de marché instaurée par la MIF

La Bourse plaide pour une définition précise du gré à gré et une concurrence plus équitable entre les différents opérateurs de marché
Solenn Poullennec

Alors que les parlementaires européens doivent discuter jeudi en commission du rapport présenté par leur collègue Markus Ferber sur la révision de la directive MIF et l’encadrement des marchés de dérivés (MIFIR), la Bourse transatlantique plaide pour une concurrence plus équitable entre les acteurs de marché.

Nyse Euronext, qui regrette qu’une grande partie des transactions se fasse aujourd’hui dans l’opacité aimerait d’abord que MIFIR contienne une définition stricte de ce que sont les échanges de gré à gré (OTC) et que ceux-ci soient signalés à l’Esma, l’Autorité européenne des marchés (via un sytème de flagging). La Bourse s’inquiète aussi de la création d’organized trading facilities (OTF), proposée par la Commission. Cette nouvelle catégorie de place permettrait d’encadrer les places actions qui se sont développées en dehors de la régulation et d’organiser les échanges de dérivés sur des plates-formes. Dans son rapport, Markus Ferber a cependant proposé de réserver les OTF aux produits autres que les actions.

En tout cas, Nyse Euronext s’insurge contre le fait que la Commission accorde de la discrétion aux OTF sur la façon dont elles exécutent les ordres et autorisent l’accès à leur plate-forme. Bruxelles demande en échange aux OTF de respecter le principe de «meilleure exécution» qui veut que les intermédiaires financiers offrent à leurs clients le meilleur résultat possible. Aux yeux de Nyse Euronext, cela ne suffit pas à assurer une bonne formation des prix et il faudrait que la Commission assure plus d'équité entre les différentes places.

La Commission a aussi proposé d’obliger les acteurs du trading à haute fréquence à fournir de la liquidité en permanence sur les marchés. Nyse Euronext rejette cette suggestion arguant qu’elle fait prendre des risques inconsidérés aux investisseurs et que même les «teneurs de marché» ne sont pas soumis à de telles contraintes. Markus Ferber propose aussi que les ordres restent valides au moins 500 millisecondes et que les opérateurs appliquent des tarifs défavorables aux annulations massives d’ordres.

Enfin, Nyse Euronext met en garde contre l’imposition de limites de positions sur les marchés de matières premières. Aux yeux du groupe, elles ne devraient pas concerner le nombre de contrats d’une personne sur une période donnée mais plutôt les contrats ouverts qu’elle détient. Et Nyse estime que c’est d’abord à l’opérateur de fixer des limites.

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