Nyse Euronext réorganise sa compensation

La Bourse n’adopte le modèle en silo que pour les dérivés échangés à Londres et sur le continent
Solenn Poullennec
Paris vu des locaux de Nyse Euronext Photo : ©Marta NASCIMENTO/REA
Paris vu des locaux de Nyse Euronext Photo : ©Marta NASCIMENTO/REA  - 

Nyse Euronext a fixé sa nouvelle stratégie dans les activités de compensation. La Bourse transatlantique a annoncé qu’à partir de 2014 elle allait compenser tous les contrats dérivés, qu’ils soient traités à Londres ou sur le continent, sur sa chambre londonienne, Nyse Liffe. Celle-ci va internaliser les services qui étaient jusque-là fournis par LCH.Clearnet Ltd. En revanche, les marchés cash resteront compensés sur LCH.Clearnet SA à Paris, ce qui devrait satisfaire la Place.

Cette annonce pourrait bien signer la fin d’une longue série de revirements de Nyse Euronext en matière de compensation. Fin 2008, le groupe annonçait qu’il mettait fin à son contrat sur les dérivés avec LCH.Clearnet pour développer sa propre chambre de compensation pour les produits dérivés échangés à Londres.

En mai 2010, la Bourse transatlantique annonçait qu’elle comptait désormais avoir deux chambres. L’une à Londres, serait dédiée aux produits de taux, de matières premières et de change, tandis que celle à Paris, compenserait les marchés actions et dérivés actions. Nyse Euronext comptait alors mettre fin à ses contrats avec LCH.Clearnet à la fin de 2012.

Le projet de fusion avec Deutsche Börse a rebattu les cartes puisqu’il était convenu que la compensation se ferait désormais via la chambre de la Bourse de Francfort, Eurex. Pour préparer cette transition Nyse Euronext avait reporté ses contrats avec LCH.Clearnet jusqu'à juin et décembre 2013 respectivement pour les activités de dérivés et de cash.

Après le rejet de la fusion par Bruxelles en février dernier, ces projets ont été à nouveau remis en cause. Désormais, le groupe précise que la chambre de compensation londonienne (qui traite aussi les produits échangés sur la plate-forme dédiée au gré à gré Bclear) sera autosuffisante d’ici à l’été 2013. Les activités qui avaient été externalisées auprès de LCH.Clearnet, comme les services bancaires, de garantie et de gestion des défauts seront internalisées à partir de mi-2013 ce qui est censé générer 30 millions de dollars d’économies. Le groupe va donc s’aligner sur le modèle en silo de ses concurrents comme Deutsche Börse et CME.

Les dérivés traités à Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne et Paris et aujourd’hui compensés sur LCH.Clearnet SA à Paris le seront sur la chambre de compensation londonienne au premier trimestre de 2014. Rien ne change en matière de négociation. Le groupe compte investir 85 millions de dollars dans ce projet. Nyse Euronext assure que les utilisateurs de produits dérivés vont faire du «netting» et bénéficier de l’utilisation d’une seule plate-forme technologique grâce à cette concentration des activités à Londres.

Le groupe précise aussi qu’il espère tirer des revenus à partir de 2014 d’autres activités de post-marché. D’autant que la régulation européenne (Emir) va pousser les dérivés échangés de gré à gré vers des chambres de compensation, ce qui explique la volonté de Nyse Euronext d’adopter, sur ce marché, un modèle en silo qui a fait la fortune de Deustche Börse.

A contrario, les marchés cash resteront compensés sur LCH.Clearnet SA à Paris. «Sous réserve d’obtenir les engagements commerciaux et de gouvernance appropriés», Nyse Euronext prolongera donc son contrat. La Bourse assure que ce sont ses clients eux-mêmes qui ont souhaité rester connectés à LCH.Clearnet SA.

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