Nyse Euronext accélère dans la gestion des transactions à faible latence

L’opérateur va acquérir l’éditeur de logiciels Wombat pour 200 millions de dollars, soit un peu plus de sept fois les ventes de la cible l’an dernier
Benoît Menou

Les marchés financiers évoluent à grande vitesse. A tel point que Nyse Euronext a fait un pas hier dans le domaine de la gestion des ordres à faible latence, dont le temps de déclenchement est en l’occurrence inférieur à une milliseconde.

Le principal opérateur boursier mondial a en effet fait part de la signature d’un accord définitif pour l’acquisition de la totalité du capital de l’éditeur de logiciels américain Wombat Financial Services, pour 200 millions de dollars (135 millions d’euros) en numéraire. Merrill Lynch détient aujourd’hui une part « minoritaire » de ce capital.

Il s’agit de suivre les exigences des investisseurs en termes de rapidité, autant dire de temps réel, pour la diffusion des données de marchés et l’initiation des ordres. Wombat exploite depuis 1997, également en Europe et au Japon, des solutions de gestion des ordres relevant du trading à haute fréquence. Ces derniers constituent pour Roland Bellegarde, membre du comité de direction de Nyse Euronext joint par L’Agefi, la principale source récente de progression des volumes d’ordres dans le monde. Le dirigeant voit dans la capacité de gestion des données localement chez le client une opportunité de compléter efficacement l’offre existante du groupe.

Roland Bellegarde insiste par ailleurs sur le soutien essentiel apporté par Wombat pour gérer et archiver l’imposant volume de données concerné par la directive sur les marchés d’instruments financiers (MIF), ou par les normes Reg NMS aux Etats-Unis.

Surtout, aux yeux de Roland Bellegarde, l’éditeur américain dispose d’une « base de clientèle établie impressionnante », incluant les principales institutions financières internationales. Autant que les atouts technologiques, c’est bien l’expérience existante de la cible qui a semble-t-il convaincu Nyse Euronext de franchir le pas de cette acquisition jugée stratégique, à l’heure où l’opérateur ne peut se permettre le luxe d’un développement interne naturellement trop long.

En conséquence, le budget consacré à l’acquisition de Wombat représente un peu plus de 7 fois le chiffre d’affaires de la cible l’an dernier, 28 millions de dollars. Un dernier chiffre en hausse de 124 % tout de même par rapport à 2006 et masquant une marge opérationnelle (Ebitda) de plus de 35 %. Selon l’acquéreur, la transaction sera finalisée au début du prochain trimestre.

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